ManutentionJLG SE LANCE DANS LE MADE IN EUROPEAlors qu'il ferme l'un de ses six sites des Etats-Unis, le constructeur de nacelles JLG annonce l'ouverture d'une usine en Europe.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2786Manutention
JLG SE LANCE DANS LE MADE IN EUROPE
Alors qu'il ferme l'un de ses six sites des Etats-Unis, le constructeur de nacelles JLG annonce l'ouverture d'une usine en Europe.
Le numéro 1 mondial des nacelles élévatrices, l'américain JLG Industries (1 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2000 avec les marques JLG et Gradall) va installer sa première usine européenne à Maasmechelen, en Belgique, où seront assemblées puis fabriquées des nacelles à ciseaux et à flèche dès septembre. A terme, la totalité des engins destinés à l'Europe (actuellement 17 % de son chiffre d'affaires) en proviendront. Parmi ses compatriotes, seuls Grove (avec un site français de 10 000 mètres carrés seulement) et Terex, dont les discussions avec Pinguely-Haulotte n'ont pas abouti, produisent des nacelles sur le Vieux Continent. " Outre des gains sur les coûts et les délais de fabrication, JLG va accroître sa pénétration et sa réactivité en Europe ", explique Peter Bonafede, vice-président fabrication. Mais, si JLG s'implante en Belgique, c'est surtout pour équilibrer ses ventes mondiales. Passé de 36,5 à 70 millions d'unités entre 1995 et 2000, le marché américain commence à s'essouffler. Accusant un recul de 25 % de son chiffre d'affaires sur les trois derniers mois (219 millions de dollars), JLG se voit d'ailleurs contraint de fermer l'un de ses six sites américains et de réduire son effectif de 635 personnes d'ici à l'an prochain. Une situation partagée par bon nombre de ses concurrents américains comme Upright, ou Grove, qui compte abandonner les nacelles. En Europe, au contraire, les demandes des clients (dont 66 % de loueurs de matériels) explosent depuis 1998, prenant de court les constructeurs. Un phénomène amplifié en France par l'adoption d'une nouvelle réglementation. L'an dernier, le marché a progressé de 30 %, pour atteindre 31 000 unités vendues. Et, malgré la " déprime " allemande, certains spécialistes parient sur une progression à 50 000 unités d'ici à 2002. Grâce à la France et au Royaume-Uni (à eux deux, la moitié du marché européen), mais aussi aux marchés espagnol et italien, jugés très prometteurs. Mais, malgré une présence commerciale de plus de vingt ans et la discrétion de certains de ses concurrents tels Upright ou Grove en Europe, JLG n'y est que troisième, derrière Pinguely-Haulotte (numéro 3 mondial). Et le français compte doubler son chiffre d'affaires (183,5 millions d'euros en 2000) en 2001, visant 35 % du gâteau européen pour 2002. Si le constructeur français a atteint de tels résultats, c'est grâce à une gamme large et satisfaisant aux normes européennes, plus sévères que celles en vigueur aux Etats-Unis. Cette situation permet aux américains de garder un avantage chez eux, mais les défavorise en Europe. Leurs nacelles doivent être adaptées pour être estampillées CE. " Parmi les produits qui sortiront d'usine dans les douze prochains mois, il y aura des produits conçus spécialement pour le marché européen ", annonce Peter Bonafede, de JLG. Mais dans dix-huit mois, les normes européenne et américaine seront équivalentes, et les productions devront suivre. Une évolution à laquelle des acteurs ne survivront pas. " Dans cinq ans, trois acteurs (JLG, Genie et Pinguely-Haulotte - NDLR-) se partageront la majorité du marché mondial. Et certains constructeurs nationaux interviendront sur des niches ", prédit Pierre Saubot, P-DG de Pinguely-Haulotte. Le français, qui exporte déjà 63 % de sa production, n'a plus de temps à perdre. Dans quelques jours, il devrait ouvrir une filiale sur la côte est des Etats-Unis.











