Manteau d’hiver pour bâtiment ancien…
Le 26 octobre 2009 par Pascal Gateaud | L'Usine Nouvelle n° 3167
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DOSSIER Plutôt que de dénaturer la façade d’un bâtiment des années 1970, la rénovation thermique a été réalisée grâce à un manteau amovible en polymère recyclable.
Un manteau d’hiver plutôt qu’une bouteille thermos! François Raynaud a choisi d’emballer la tour Zehrfuss, un immeuble de bureaux de sept étages à Saint-Denis, près de Paris, plutôt que de rénover ses façades. L’architecte, à la tête de l’agence parisienne Loci Anima (l’âme des lieux), ne voulait pas dénaturer ce bâtiment emblématique des années 1970. «Comme il n’est pas protégé, nous aurions pu adopter le concept de la bouteille thermos, en réalisant des façades performantes du point de vue de l’isolation thermique…»
François Raynaud a cherché «quelque chose de provisoire ». La bouteille thermos remisée au placard, le manteau d’hiver s’est imposé naturellement. «Une mauvaise isolation dans un immeuble de bureaux ne pose pas de problème majeur en été, assure-t-il. Cela permet à la chaleur dégagée par les gens ou les ordinateurs de s’évacuer naturellement. Alors qu’en hiver, il faut pouvoir conserver la chaleur. D’où l’idée d’emmitoufler le bâtiment l’hiver dans un manteau amovible et de le déshabiller pendant la saison chaude.»
La «doudoune» de la tour Zehrfuss –rare exemple, en France, de bâtiment à l’architecture métallique –, est un polymère recyclable, l’ETFE. Loci Anima l’avait déjà mis en oeuvre à Valence (Espagne), pour couvrir la base du défi chinois lors de l’America’s Cup. On retrouve ce matériau en plastique transparent, très résistant aux différences de pression et de température, sur le Cube d’eau, la piscine olympique de Pékin, réalisée par l’australien PTW et le britannique Arup, et à Munich sur l’Allianz-Arena, des suisses Herzog et de Meuron.
Se passer de la climatisation
Outre ce manteau d’hiver, Loci Anima a imaginé des aménagements intérieurs, avec un patio, de façon à ce que les utilisateurs se passent de la climatisation et puissent ouvrir leur fenêtre... Ce qui permet à l’immeuble de passer au-dessous d’une consommation de 4,2 kg de CO² par mètre carré et par an, au lieu des 26 kg par mètre carré et par an actuels. Une performance saluée par le premier prix du concours d’architecture organisé par EdF sur la rénovation bas carbone. Il reste à persuader UBS, le propriétaire de l’immeuble, de commander les habits neufs de la tour.
Pascal Gateaud
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