Manitou au chevet de la manutention
Par A Nantes, Jacques Le Brigand - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3193Après une décennie d'euphorie, la filière subit durement la crise. Le fabricant de chariots élévateurs et les pouvoirs publics s'impliquent pour secourir un secteur qui perd des emplois par centaines.
Mobiliser les acteurs d'une filière manutention mal en point ! Le fabricant de chariots élévateurs Manitou, basé à Ancenis (Loire-Atlantique), lance le projet Synapse. « Résistance et diversification » sont les deux maîtres mots du donneur d'ordres à l'intention de sa centaine de fournisseurs locaux. Si la production repart aujourd'hui à la hausse, elle mettra du temps avant de retrouver les volumes records enregistrés durant les années 1997-2008, si tant est que la demande revienne à un tel niveau. D'où la nécessité d'aider ces sous-traitants à devenir moins « Manitou dépendants ». L'initiative s'inspire d'un dispositif similaire dans le secteur naval et fédère les différents partenaires socio-économiques : les collectivités locales, les chambres de commerce, les banques, etc.
Un diagnostic pour chaque entreprise
La première étape consiste à établir un diagnostic de la situation de chaque entreprise. Le souci de responsabilité sociale exprimé par Manitou se double d'un enjeu stratégique : son organisation repose largement sur les sous-traitants (plus d'un millier au niveau mondial), qui représentent de 75 à 80 % de la valeur d'un chariot.
Manitou a vu ses commandes s'évaporer à partir de septembre 2008. Il a supprimé 330 emplois, à la suite de deux plans de départs volontaires. Dans son sillage, plusieurs dizaines de sous-traitants se sont retrouvés en difficulté, comme le fabricant de vérins hydrauliques Leduc, à Ligné (Loire-Atlantique) et le carrossier Desmarais, spécialiste des cabines, qui a son siège à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), et des sites au Mans (Sarthe) et à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire).
Paradoxalement, la crise a servi de révélateur en faisant apparaître au grand jour l'importance de la filière dans les Pays de la Loire. Les deux leaders nationaux du contrepoids, les fonderies FMGC, à Soudan, et Bouhyer, à Ancenis, sont distants d'une quarantaine de kilomètres en Loire-Atlantique, département qui compte aussi Toyota, à Ancenis, et Bobcat, à Pontchâteau.
Petite éclaircie dans cet océan de grisaille : Vensys, concurrent vendéen de Leduc, vient de signer un contrat avec Caterpillar qui lui confie, à l'échelle mondiale, l'équipement de ses chariots dédiés au secteur de la démolition. L'accord devrait générer en 2012 un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros.











