Managers, ne négligez pas votre e-réputation
Par CHRISTOPHE BYS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3263Sur le web, les réputations se font et se défont en un clic. En respectant quelques règles simples, il est possible d'éviter les catastrophes.
C'est Chris Anderson, le rédacteur en chef de la revue « Wired », qui résume le mieux la situation : « Votre marque n'est pas ce que vous en dites, mais ce que Google en dit. » Même chose pour la réputation d'une personne, surtout en France où Google occupe le quasi-monopole de la recherche sur internet. Un dirigeant de PME ou un cadre dirigeant ne peut pas l'ignorer. La meilleure attaque en l'espèce reste la défense. Autrement dit, pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut avoir une stratégie et commencer par respecter quelques règles simples, comme lire les paramètres de confidentialité de Facebook et autres réseaux afin que les photos privées ne soient pas visibles par une relation professionnelle. Directeur associé de l'agence de conseils RH Quatre Vents, Mathieu Gabai a participé, étudiant, au raid de l'école Centrale. « Il arrive encore qu'on m'en parle dans un cadre professionnel. J'ai laissé les photos en ligne, car elles sont sympas. Mais pour le reste, je suis sélectif dans ce que je publie : uniquement des informations professionnelles. »
Une gestion active de sa réputation en ligne commence par la consultation régulière des résultats d'une recherche sur le nom et le prénom. Jérôme Lascombe, le PDG de l'agence Hopstoch, fondateur de l'observatoire de l'e-réputation des dirigeants du CAC 40 conseille de regarder les « Google suggests », ces suggestions s'affichant lors d'une requête. « Les termes qui apparaissent alors disent les recherches les plus populaires. En outre, toutes les personnes qui entrent un nom voient ces suggestions », détaille Jérôme Lascombe. Quelqu'un venu pour consulter une biographie pourra ainsi voir apparaître une recherche troublante qui peut l'alerter. Ce checking doit être fait au moins une fois par mois. Devenu familière de ces vérifications d'usage, la personne pourra créer des alertes Google, consulter des sites structurant l'information comme Youseemii et son indicateur de visibilité sur le net ou Yatedo
Recourir aux nettoyeurs du web
Et si le mal est déjà fait, comment réagir ? Si les propos sont diffamatoires, le droit s'applique sur le web comme ailleurs. Un avocat, une mise en demeure et les propos concernés disparaissent... normalement. En outre, des sociétés spécialisées proposent de nettoyer le web (de 250 à 10 000 euros selon les dégats, chez Reputation Squad). Inutile de paniquer à tous les coups pour autant. Coauteur de « Bien gérer sa réputation sur internet », Anthony Babkine explique : « une remarque désobligeante, un billet de blog critique, ce n'est pas grave en soi. Surtout si la personne publie par ailleurs. » La clé, c'est d'être soi-même présent de manière volontaire sur le web pour ne pas subir ce que disent les autres. Une bio sur Wikipédia, un profil à jour sur les réseaux sociaux professionnels, des articles de presse avec des citations sont un bon début. Sans oublier les informations professionnelles diffusées sur les réseaux sociaux ou sur un blog.











