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[Management] "Quand il négocie son départ, un cadre doit être créatif"

Cécile Maillard

Publié le

Trop souvent, quand ils négocient leur départ, les cadres n’abordent que les questions financières. Pourtant, ils peuvent obtenir d’autres aides, qui les aideront à rebondir. Les conseils de Marie-Pierre Cottier, ancienne DRH de grands groupes industriels, fondatrice du cabinet Eminence RH.  

[Management] Quand il négocie son départ, un cadre doit être créatif © PROAdib Roy CC Flickr

L'Usine Nouvelle - Que vous a appris votre expérience de DRH sur la meilleure façon de négocier un départ ?

Marie-Pierre Cottier- Le salarié qui part doit retrouver un travail. Sa réputation professionnelle est donc importante. Il doit obtenir un départ à l’amiable, sans contentieux. Les contrôles de références professionnelles sont devenus systématiques et un départ conflictuel est toujours connu, dans un même milieu professionnel ou une région. Passer aux prud'hommes peut être long et gênant quand on vous demande, au cours d’un recrutement, dans quel contexte vous êtes parti. Alors que quand vous répondez que vous avez correctement négocié votre départ, cela rassure le recruteur. Et se battre pour son avenir, c’est reprendre la main sur sa situation et ne pas laisser d’autres décider à votre place. C’est aussi dégager de l’énergie pour se projeter vers l’avenir. Mon premier conseil est de gérer son départ de façon professionnelle.

Par quoi doit commencer le candidat au départ ?

Par rendre ses demandes légitimes, en s’interrogeant: "En quoi la situation que je vis me pose-t-elle un préjudice ? Si l’entreprise n’a plus besoin de mes services, elle doit assumer sa responsabilité. Si elle n’a rien à me reprocher, mais que je ne suis plus en phase avec ses projets, elle doit m’accompagner". Et là, le salarié doit être au clair sur sa propre situation, sur ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas, sur ses marges de manœuvre. Et se projeter sur l’étape d’après.

En fonction de ses projets, il saura identifier en quoi l’entreprise peut l’aider. S’il s’agit de retrouver du travail, elle peut lui proposer de l’outplacement. S’il s’agit de bifurquer vers un nouveau projet, qui nécessite des compétences que n’a pas le salarié, elle peut le former. S’il s’agit de créer une entreprise, l’aspect financier peut l’emporter.

Que faire quand les discussions achoppent sur l’aspect financier ?

L’entreprise qui bloque sur les questions financières peut être ouverte à d’autres formes d’accompagnement. A partir du moment où employeur et salarié partagent un constat sur la situation, l’employeur doit assumer sa responsabilité et aider le salarié. Et le cadre a tout intérêt à ne pas bloquer sur les questions financières et à proposer d’autres pistes. Il peut par exemple négocier le moment de son départ. J’ai l’exemple d’un directeur prévenu par son entreprise qu’elle lui demanderait de partir un mois plus tard, et ferait les choses correctement, financièrement. Il ne se sentait pas prêt, avait besoin de temps pour prévenir sa famille et ne pas donner l’impression aux 80 personnes de son équipe d’être viré comme un malpropre. Il a négocié non seulement son indemnité mais aussi la date de son départ, plus lointaine. Sorti de la direction, il est devenu chef de projet, ce qui lui a permis de travailler encore un moment dans l’entreprise, le temps de réfléchir à son avenir. Quand l’entreprise refuse, le cadre doit identifier ses marges de manœuvre, être créatif pour redonner l’occasion à l’entreprise de dire oui…

Est-ce que parfois vous dissuadez un cadre de quitter l’entreprise ?

Souvent, un salarié mal dans son poste ne pense qu’à en partir, alors qu’un repositionnement interne est parfois possible. Je le questionne, lui donne des pistes, le pousse à trouver des alliés en interne. Un jeune cadre de retour d’expatriation ne trouvait plus sa place dans l’entreprise. Il s’est retrouvé avec moins de responsabilités, d’autonomie, et pensait retrouver facilement ailleurs. Après plusieurs années à l’étranger, ce n’est pas vrai. Je l’ai envoyé chez un chasseur de tête pour qu’il connaisse son positionnement par rapport au marché. Ca l’a aidé à prendre du recul et à se poser les bonnes questions sur ce qu’il recherchait dans son travail. Aux dernières nouvelles, il est toujours dans son entreprise.

Propos recueillis par Cécile Maillard

 

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