Malgré la crise, Gascogne fait feu de tout bois
Le 16 mars 2010 par Yann Le Houelleur
L’année écoulée a été rude pour les acteurs de la filière bois. Sur un marché déprimé, le Groupe Gascogne a réussi à limiter la casse, avec un chiffre d'affaires en recul de 9,3 %. et ses dirigeants annoncent un surcroît d’investissements en 2010.
C’est à maints coups du sort que le groupe Gascogne a fait face en 2009. Le seul groupe intégré de la filière bois en France a dû encaisser le choc de la tempête, en janvier 2009, qui a annihilé toute une partie de la forêt landaise. Et il a subi les conséquence d’une tempête de toute autre nature : celle d’origine financière, qui a affaibli, entre autre secteur, la filière bois.
Impossible, dans ces conditions, d’échapper à une baisse significative du chiffre d’affaires (CA). Ladite baisse n’a été que de - 9,3 pendant l’exercice écoulé. En réalité, le CA s’est élevé à 552,1 millions d’euros. Il convient de relever que près de deux cinquièmes de ce chiffre est réalisé par le groupe hors de France. «Nous avons limité les dégâts en raison de la bonne résistance commerciale de notre groupe» ont commenté les dirigeants de Gascogne à l’occasion de la présentation des résultats annuels.» Le résultat net, légèrement positif (0,4 millions d’euros), confirme la bonne tenue de l’entreprise au milieu de la tempête. La presse financière, toutefois, a préféré insister sur la chute abyssale du bénéfice net : - 70 %.
Pour se faire une idée de l’impact de la crise sur les activités des papetiers en 2009, il suffit de jeter un coup d’œil sur deux des cinq activités où évolue Gascogne. En 2009, la consommation française de sacs en papier a diminué de 14 % et celle de sacs en papier industriel de 9,4 %. François Vittoz affirme que malgré une conjoncture aussi morose le groupe dont il assume les destinées depuis plusieurs années en qualité de PDG a su «gagner des parts de marché dans plusieurs activités et améliorer sensiblement les niveaux de marge.»
Pour booster son développement en 2010, Gascogne va se lancer dans une série d’innovations tant dans les «produits verts» que dans des projets d’envergures tels que l’habitat bois ou la biomasse. Quatre investissements stratégiques seront mis en œuvre : ligne intégrée pour murs en bois, coucheuse hors ligne (activité papier), imprimeuse hélio (activité complexes) et plateforme logistique (distribution).
2010 sera donc une année marquée du sceau du développement durable pour Gascogne, dont la papeterie sise à Minimizan, dans les Landes, sera équipée d’une chaudière dernier cri. Celle-ci fonctionnera grâce aux rémanents de l'exploitation forestière (souches, branches et écorces). Gascogne pourra ainsi économiser l'achat d'énergie non renouvelable. La capacité du nouvel outil sera de 23 mégawatts électriques, dont 17 seront revendus à EDF.

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