Confronté à des difficultés d'accès au crédit, le fabricant de mobilier a fait appel au « sale and lease back ». Opération qui lui a sauvé la mise.
Face au resserrement du crédit accordé aux entreprises, Majencia a trouvé la parade : le « sale and lease back ». Le fabricant de mobilier professionnel vend puis loue les murs de ses usines à des collectivités locales. Tout commence au printemps 2008. En difficulté, le groupe Samas veut céder ses activités françaises. Avec plusieurs cadres, le directeur général, Vincent Gruau, reprend l'entreprise. Rebaptisée Majencia, la PME a besoin de 5 millions d'euros pour moderniser l'outil industriel et renouveler son offre produits. Mais personne ne veut aider le fabricant endetté, encore en plan de continuation suite à son dépôt de bilan en 2004. « Je suis allé voir 17 fonds spécialisés dans le retournement. Aucun n'était intéressé. Je n'avais accès à aucun crédit », se rappelle Vincent Gruau.
Mi-juillet, acculé, il abat sa dernière carte : solliciter un soutien des collectivités locales. Il rencontre Patrick Deguise, le maire de Noyon (Oise), où Majencia possède une usine de 152 salariés. Banco ! Celui qui est aussi président de la communauté de communes, fait expertiser le site et accepte une solution de « sale and lease back ». Pour 5 millions d'euros, Majencia cède l'usine à la collectivité en échange du paiement d'un loyer de neuf ans au terme duquel il redeviendra propriétaire. « Le business plan de Vincent Gruau était sérieux. Mais c'était un gros risque, car si l'entreprise fermait, on se retrouvait avec un bâtiment vide sur les bras », commente Patrick Deguise. La Caisse d'Épargne concède un prêt à la communauté de communes. Le coût est intégralement pris en charge par la PME dans le loyer.
Croissance retrouvée
L'opération se révèle une véritable bouée de sauvetage pour Majencia qui renoue rapidement avec les bénéfices. Mieux, la PME, qui s'était engagée à recruter 20 salariés d'ici à 2011 sur le site de Noyon, emploie aujourd'hui 210 personnes. « Devant notre croissance, nous avons lancé un nouveau plan d'investissements de 15 millions d'euros en 2011 », explique Vincent Gruau. Ayant de nouveau l'attention des banques, la PME de 114 millions d'euros de chiffre d'affaires choisit un plan de financement multisources, avec BNP Paribas qui entre au capital et le leasing de l'usine de Bressuire (Deux-Sèvres) pour 2,5 millions d'euros. En 2017, les deux opérations seront entièrement remboursées, affirme le PDG. Sa petite revanche ? Faire savoir que le FSI n'a pas voulu aider l'entreprise, car « il ne considérait pas son secteur comme porteur ».











