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L'Usine de l'Energie

Maintenant que la COP21 est terminée, quelle place pour le nucléaire ?

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Bien que la COP21 se soit passée dans le pays le plus nucléarisé au monde, les partisans de l’atome ont été discrets,  quasi-inaudibles, pendant les deux semaines du sommet mondial sur le climat. Pour l’administration américaine, le futur du nucléaire pourrait passer par un changement de paradigme dans les réacteurs.


Doel en Belgique

A voir les réactions du monde nucléaire quelques jours après la fin de la COP21, qui s’est achevée sur le premier accord mondial sur climat, une ère faste s’engage pour le développement de l’atome, qui, aux côtés des énergies renouvelables (ENR), favorise un monde sans carbone.  

"L’agence Internationale de l’énergie (AIE) a montré que limiter le réchauffement à 2°C demandera un recours important à l’énergie nucléaire. Etant donné que l’accord de Paris est encore plus ambitieux, bien en-dessous de 2°C, le besoin d’énergie nucléaire est encore plus clair", se réjouit l’Association mondiale du nucléaire, qui milite pour la construction de 1000 GW de nouveau nucléaire d’ici 2050. Ce qui semble relativement irréaliste, sachant que la puissance nucléaire actuellement installée dans le monde s’élève à moins de 400 GW.

L’AIEA pour défendre le nucléaire

Dans le même ordre d’idée, Danny Roderick, PDG du fabricant nucléaire nippo-américain Westinghouse, affirme suite à l’accord que "Tout le monde a enfin reconnu que nous avons besoin de toutes les énergies bas carbone (pour lutter contre le réchauffement climatique)".

Mais très honnêtement, pendant les deux semaines de COP21, le nucléaire était quasi-inaudible, quasi-invisible. Certes, quelques réprésentant de cette industrie étaient là. Par exemple, l’entente Nuclear for Climate avait un stand, et l’agence de l’énergie nucléaire  de l’OCDE a animé, l’avant dernier jour, une conférence sur le thème de "pourquoi le climat a besoin de l’énergie nucléaire ?".

On a même entendu Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, affirmer qu’au côté des ENR, "le nucléaire est aussi une bonne option dans des endroits comme la France qui ne sont pas soumis à des catastrophes naturels".

Mais c’est peu de choses face aux importantes annonces qui ont été faites en matière d’ENR comme l’Alliance solaire Internationale menée par l’Inde, les 10 milliards de dollars débloqués pour bâtir 10GW de renouvelables en Afrique d’ici 2020, ou la mission innovation qui réunit 20 pays qui ont promis de doubler leur budget R&D dans les cleantech jusqu’en 2020, soit 400 millions d’euros pour la France, 5 milliards de dollars pour les Etats-Unis.

Même la France fait profil bas

Même l’immense pavillon France, situé dans la zone ONU  au Bourget (Seine-Saint-Denis), ne faisait pas mention de l’atome alors que celui-ci fourni 75 % de l’électricité du pays, qui affiche un avantageux bilan carbone par rapport à ses voisins européens. EDF, l’un des principaux sponsors de l’événement et premier nucléariste mondial, n’a pas fait la promotion de cette énergie.  

Une situation d’autant plus surprenante que dans six mois, la France organisera la deuxième édition du salon International du nucléaire, également au Bourget, pour promouvoir le savoir-faire français dans l’atome.

Même pour les ONG, traditionnellement antinucléaires comme Greenpeace, le nucléaire était loin d’être un sujet central. Elles rappelaient leur position officielle, c’est-à-dire que l’atome n’est pas considéré comme une énergie bas-carbone en raison du risque d’accident, de prolifération et de son coût croissant.

Alors quelle place pour le nucléaire ? Aujourd’hui, il compte pour 11% de l’électricité mondiale et sa part devrait croitre pour atteindre environ 17% vers 2050, prédisait l’AIEA lors de la COP21. D’autres lui prédisent une croissance moins importante. Les grands programmes en cours en Chine, en Russie, en Angleterre où EDF va construire deux réacteurs EPR à Hinkley Point seront menés à leur terme. Et après ?

Limiter le risque financier du nucléaire

Le secrétaire américain à l’énergie Ernest Moniz, ancien physicien nucléaire et parlant au nom d'un pays qui compte plus de 100 réacteurs en activité, a une idée en tête pour la suite.

Il constate que depuis 2011, et l’accident de Fukushima, les nouveaux projets de réacteurs de nucléaire sont ralentis à cause de questions de sûreté et de manque de confiance des investisseurs. Aussi, il affirme que les "Small modular reactors (SMR – Petits réacteurs modulaire) – des versions plus petites des réacteurs à eau légère en opération dans la pluparts des centrales mondiales – seraient une solution au problème de financiers de l’industrie".

Les SMR sont un sujet à l’étude chez les plupart des grands nucléaristes mondiaux, y compris chez EDF et Areva. Il s’agit d’unités dont la puissance va de 50 à 200W, à comparer au 1000 à 1650 MW des derniers modèles en construction dans le monde.  Ernest Moniz assure qu’"en avançant doucement, les premiers SMR pourraient apparaître en 2022-2023".

Ainsi le nucléaire, à l’image des ENR, va-t-il s’orienter vers des faibles puissances afin de s’inscrire dans les territoires et se rapprocher des sites de consommation ? Un sacré retournement alors que le nucléaire civile depuis sa première unité construite en 1942 n’a cessé de se densifier énergétiquement. Quand le nucléaire engage sa propre transition énergétique...

Ludovic Dupin

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