MACHINE-OUTILLE NOUVEAU DÉPART DE MANURHIN K'MXGrâce à une spécialisation de ses fabrications et à un effort intense à l'international, le fabricant alsacien de tours de décolletage se redresse pour la deuxième fois.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2528MACHINE-OUTIL
LE NOUVEAU DÉPART DE MANURHIN K'MX
Grâce à une spécialisation de ses fabrications et à un effort intense à l'international, le fabricant alsacien de tours de décolletage se redresse pour la deuxième fois.
Le premier spécialiste français de la machine-outil de décolletage est à nouveau là. Et bien vivant. En 1995, Manurhin K'mx devrait passer la barre des 180millions de francs de chiffre d'affaires. Contre 110millions de francs en 1994 et seulement 40millions en 1993, année de la deuxième reprise de l'entreprise par Eric Landié. Mais le résultat obtenu par la PMI est tout aussi spectaculaire: la gamme de machines proposées couvre désormais tous les besoins du tournage. Le dernier-né de cette gamme, le Twin, est même révolutionnaire, car il double la production pour un surcoût à l'achat de seulement 30%. Pour Eric Landié, cette réussite tient d'abord à la spécialisation de l'entreprise: "Mieux vaut être un bon artisan qu'un mauvais génie", explique-t-il. Partant de là, le premier effort de l'entreprise a porté sur le redéveloppement d'un réseau commercial propre. Une nécessité quand 60% des ventes sont réalisées à l'export. Dès 1993, des filiales commerciales sont fondées, l'une à Cluses, dans la vallée de l'Arve - le principal pôle français de décolletage -, et l'autre en Allemagne. Des agents sont trouvés au Canada, en Suisse, en Italie et aux Etat-Unis. Mais le Sud-Est asiatique attire aussi la PMI mulhousienne, sur le point de s'implanter en Chine et au Japon. Son second effort, Manurhin K'mx l'a porté sur ses produits. Il le fallait. "Nos concurrents japonais sont capables de laisser gratuitement une machine à l'essai pendant six mois chez un client, ce qui est au-dessus de nos moyens", raconte Eric Landié. Avec de tels concurrents, la seule chance des machines Manurhin K'mx est leur intérêt technique. Pour enlever encore une seconde au cycle, pour développer une machine toujours meilleure, l'entreprise a choisi d'impliquer chacun. "Les cycles de développement linéaire, étude puis fabrication, puis marketing, sont dépassés. Dès le premier écran de CAO, tout le monde doit être concerné par le projet", affirme Eric Landié. Dès le démarrage d'un développement, des commissions sont créées pour réfléchir à chaque aspect. "Marketing", "industrialisation", "prix de revient", etc. Ces commissions sont composées d'experts du problème examiné, mais pas seulement. Même "Candide" doit être là, dit-on chez Manurhin K'mx. Pour réduire au minimum les coûts de fabrication, la firme recherche en permanence le meilleur équilibre entre sous-traitance et fabrication interne. Seules les pièces stratégiques, telles les broches, sont usinées chez Manurhin K'mx. "Pour chaque heure d'usinage interne, nous en sous-traitons deux à l'extérieur", détaille Eric Landié. Cette culture de la participation porte aussi sur tous les aspects de la vie de l'entreprise: livraison, service après-vente, etc. En fait, avec la participation active d'un personnel marqué par les douloureuses restructurations du passé, une forme de cogestion s'est développée avec partage "à 99%" des informations relatives à l'entreprise. Même les modalités d'un éventuel chômage partiel sont déjà discutées en comité d'entreprise. François SAVATIER
Une dernière version du Twin
Présenté au Simodec - le Salon de la machine-outil de décolletage - en 1994, le tour à poupées mobiles à double broche et à commande numérique de Manurhin K'mx avait fait sensation. Sa toute dernière version autorise le tournage de barres jusqu'à 20millimètres de diamètre. Grâce à ses deux broches tournant à 12000tours par minute, le Twin usine simultanément deux barres parallèles éloignées l'une de l'autre de quelques dizaines de centimètres. Deux canons entraînés par courroies assurent une haute précision d'usinage. Pour le travail et la finition, il est muni de deux tourelles à huit postes et de deux broches de reprise. Caractérisé par une grande vitesse d'avance, le Twin est doté d'un convoyeur de copeaux et d'un système d'évacuation des pièces longues. Il est vendu 1,3million de francs tout équipé, soit 30% de plus qu'un tour monobroche aux performances comparables.
USINE NOUVELLE N°2528











