l L'événement
Lors de la dernière assemblée générale de Rhodia, le 30 avril, Jean-Pierre Tirouflet a été reconduit dans ses fonctions de P-DG, en dépit de ses piètres résultats et de
la contestation d'actionnaires. Ce patron
a sauvé son poste. Mais pour combien
de temps ?
l L'avis d'un coach
La légitimité de ce P-DG est fragile, d'autant que le débat sur la santé de Rhodia et les choix stratégiques (voir
« L'Usine Nouvelle » n° 2868) s'est déplacé
sur un terrain émotionnel et médiatique. Cette légitimité est d'autant
plus précaire qu'elle est politique. Ce Sciences-Po/Ena est en effet un homme de réseaux, qui
a des liens croisés entre l'industrie chimique,
la bancassurance et les sphères ministérielles. Ses actionnaires attendent de lui une légitimité financière.
Or, c'est la légitimité industrielle qui fait un patron : sa vision et la cohérence de ses choix de métiers. Et c'est justement cela qui fait défaut à Jean-Pierre Tirouflet...
l Son conseil
Dans une stratégie de gouvernance d'entreprise, plus politique qu'économique, ce dirigeant a intérêt à miser sur
la pédagogie, non sur la rhétorique.
Les sempiternelles considérations sur
la conjoncture lassent les salariés et les actionnaires, qui attendent des explications concrètes. Il devra dire ce qu'il fait et faire
ce qu'il dit. Son plan de redressement devra être lisible pour tous ses « stakeholders ». Pour soutenir sa légitimité, il n'a pas intérêt à paraître isolé, ni victime expiatoire.
l Et si ça vous arrivait ?
Il faut mettre son ego entre parenthèses et ne pas jouer la surenchère médiatique. Vous en feriez les frais, tôt ou tard. La confiance se restaure en interne, non en courtisant une poignée d'analystes financiers. Les affaires Vivendi et Enron sont encore dans les esprits. A jouer au patron star qui brouille son image personnelle avec celle de son entreprise, vous risquez d'être vite aux nues... et au pilori.









