Le Commissaire général à l'investissement s'est prononcé pour un "choc de compétitivité" dans les secteurs exposés à la concurrence internationale.
Louis Gallois a pris ce week-end sa première position ferme depuis sa nomination en tant que Commissaire général à l'investissement début juin. L'ex-patron d'EADS prône ainsi une réduction massive des cotisations payées par les entreprises françaises exposées à la concurrence internationale, afin d'améliorer leur compétitivité.
"Il y a un consensus assez large, face à ce phénomène de dégradation (de la compétitivité nationale, ndlr) qui paraît inéluctable, et dont nous voyons tous les jours les éléments dans la presse avec les plans sociaux et évidemment le déficit massif de notre commerce extérieur : je crois qu'il faut faire un choc de compétitivité, qui doit toucher le secteur exposé", a-t-il expliqué lors des 12e Rencontres économiques d'Aix-en-Provence le 7 juillet.
"Pour toucher le secteur exposé, il faut que ce choc soit assez massif et qu'il porte sur les cotisations sociales, concernant des salaires relativement élevés. Il s'agit de transférer 30 à 50 milliards pour avoir un effet significatif", a-t-il ajouté.
Créer une onde de choc avec des mesures drastiques
Mais il a reconnu que les "marges de manoeuvre sont extrêmement limitées" pour procéder à de tels transferts. Le gouvernement a en effet décidé d'abroger la 'TVA sociale' votée par l'ancienne majorité, qui consistait justement à réduire fortement les cotisations patronales, pour baisser le coût du travail, en les compensant par une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée.
"La TVA sociale a tué le débat sur la possibilité d'augmenter le taux général" de cet impôt, a-t-il lancé, avant d'évoquer d'autres pistes comme les "taux intermédiaires" de la TVA, et "certainement la CSG", voire "la fiscalité des retraités", jugeant anormal qu'elle leur soit très favorable.
"On a besoin je crois de créer un choc de confiance dans le pays. Il va falloir à un moment ou à un autre qu'on se rende compte qu'on ne peut pas se contenter de demi-mesures", a également indiqué Louis Gallois, appelant à "créer une onde de choc" en faveur des entreprises.
Ce haut fonctionnaire de 68 ans a succédé début juin à René Ricol, nommé fin 2009 pour gérer les 35 milliards d'euros consacrés aux "investissements d'avenir". Interrogé sur le rôle de son commissariat dans le futur plan Hollande pour la filière automobile, l'un des principaux chantiers industriels qui attendent le nouveau président de la République, Louis Gallois a refusé de faire un commentaire.









