Linde et Air Liquide reprennent de l’air
Par Yann Le Houelleur - Publié leAprès une année 2009 difficile, les spécialistes des gaz pour l’industrie voient leurs bénéfices s’envoler, à nouveau. Deux acteurs majeurs sur ce marché ont publié le lundi 2 août leurs résultats semestriels.
Le secteur des gaz industriels reprend de l’air, après un certain vide occasionné par la crise financière planétaire. Le même jour, le lundi 2 août 2010, deux groupes clamaient leur optimisme, chacun annonçant à sa manière que les beaux jours étaient de retour.
L’allemand Linde, qui possède une importante filiale en France, a fait part d’une augmentation de son chiffre d’affaires de 11 % au second semestre 2010, par rapport à la même période l’année précédente. Soit des ventes se situant à 6,1 milliards d’euros. Le bénéfice net semestriel s’est élevé à 445 millions d’euros. Linde emploie quelque 48.000 collaborateurs dans la centaine de pays où il évolue, dont un millier en France.
Présent dans 75 pays et alignant 42.300 collaborateurs, le groupe Air Liquide se félicite lui aussi d’une forte envolée de ses ventes. Le chiffre d’affaires du Français au premier semestre de l’année en cours a augmenté de 6,3 % (en base comparable) en comparaison avec la même période en 2009. Un CA semestriel de 6,25 milliards d’euros et un bénéfice net de 676 millions d’euros.
Endettement en hausse
Comme tant d’autres groupes dans la galaxie industrielle, Air Liquide a compensé le ralentissement des affaires, ces derniers mois, par un programme interne de réduction des coûts. Ce que le groupe français appelle assez joliment «les efficacités» (en réalité, le programme Alma) lui a permis d’économiser 145 millions d’euros pendant le premier semestre 2010. L’endettement, toutefois, n’a cessé de prendre de l’altitude : du 31 décembre 2009 au 30 juin dernier, il était 800 millions supplémentaires aux mains des créanciers du groupe. Autre paramètre important : la capacité d’autofinancement a enflé de 16,7 % en douze mois, atteignant 1,26 milliard d’euros.
Mais pour les dirigeants d’Air Liquide, l’important est «la multiplication des contrats de longues durées» sur les sites des partenaires faisant appel à ses compétences pour la fourniture à ses clients de gaz tels que l’oxygène et l’azote. «Plus nous engrangeons de contrats de ce type, d’une durée de quinze ans, et plus nous améliorons nos performances financières», fait-on observer à la direction de la communication du groupe.
Ceci dit, l’industrie des gaz reste un petit monde, avec cinq acteurs mondiaux majeurs et dans les différents pays des intervenants d’une portée bien moindre mais parfois tout aussi performants. D’où la nécessité d’absorber des concurrents locaux encombrants pour arrondir les angles de la concurrence.
Ces derniers temps, Air Liquide s’est montré offensif en la matière, après avoir gelé sa politique d’acquisitions en 2009. «Sur 806 millions d’euros d’investissements au premier semestre 2010, poursuit-on au siège du groupe, 165 millions ont été consacrés à la consolidation de nos positions dans divers pays par le biais d’acquisitions.»
C’est à l’aune de ce redéploiement à l’international qu’il convient de juger la bonne santé d’un groupe comme Air Liquide.

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