Limagrain pourrait délocaliser sa recherche27/09/2007
L'issue du Grenelle de l'Environnement conditionnera l'avenir de la recherche du semencier français. Plusieurs centaines d'emplois pourraient être délocalisés en cas d'interdiction des OGM en France.
Alors que les groupes de travail du Grenelle de l'Environnement remettent aujourd'hui leurs conclusions au ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, le semencier français Limagrain laisse planer le doute sur le maintien des son activité recherche dans l'Hexagone. Son directeur des affaires institutionnelles, Jean-Claude Guillon, explique que les décisions prises sur les OGM dans les semaines à venir conditionneront la politique d'implantation du quatrième acteur mondial du secteur pour son avenir. Basée à Clermont-Ferrand, la coopérative regroupe 600 exploitants agricoles et emploie 5 200 personnes dans le monde, dont 20 % pour la seule R&D. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 1 093 millions d'euros en 2006. Usinenouvelle.com : Etes-vous déçu de ne pas avoir été invité au Grenelle de l'Environnement ? Jean-Claude Guillon : Oui et non ! Aucune entreprise privée n'ayant pris cours aux travaux, nous n'avons pas l'impression d'avoir été sciemment écarté des discussions. En revanche, nous sommes déçus de voir la surreprésentation des organisations non gouvernementales dans ces groupes, car nous considérons que cela créé un déséquilibre qui peut fausser le débat sur les OGM. Nous espérons malgré tout que le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, sera dans ses consultations faire cas de nos préoccupations. Que pensez-vous d'un gel possible de la commercialisation des semences transgéniques réclamé par certaines ONG ? Si nous devions arriver à cette impasse, ce serait sincèrement triste. Pas seulement pour le travail des milliers de collaborateurs de Limagrain à travers le monde, mais surtout pour un pays comme la France qui se mettrait de facto en marge des pays européens sur l'innovation agroalimentaire. Mais je ne veux pas y croire ! Au vu de la lettre de mission envoyée par le Président de la République au ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui souhaite une politique agricole dynamique, je ne vois pas comment on pourrait se passer d'innovations majeures validées de surcroît par des années de tests scientifiques. Les décisions prises à l'issue du Grenelle de l'Environnement conditionnent-elles à terme l'avenir de vos activités de recherche en France ? Clairement, oui. Nous le répétons depuis déjà plusieurs semaines. S'il n'est pas possible de travailler de manière positive ici, nous irons ailleurs. Ce serait un choix difficile pour nous qui avons choisi d'investir massivement dans des centres de recherche français. Sur nos 73 stations de recherche dans le monde, 19 sont implantées dans l'Hexagone. Ce chiffre montre néanmoins que la survie de notre coopérative n'est pas conditionnée par notre présence en France. Le doublement de nos effectifs de chercheurs dans la prochaine décennie pourrait donc de se faire pour l'essentiel à l'étranger. Propos recueillis par Philippe Roger |
Derniers articles
sur Agroalimentaire
|
|
||