Levée de boucliers en Italie contre Lactalis
Par Patrick Déniel - Publié le
L’arrivée Lactalis au capital de l’italien Parmalat (4,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires), ne fait pas que des heureux en Italie. Le groupe d’Emmanuel Besnier est devenu l’actionnaire numéro un du groupe laitier avec 11,4 % du capital et a déposé une liste d’administrateurs potentiels du groupe pour la prochaine assemblée générale, le 12 avril.
Trois fonds, le canadien Mackenzie, le suédois Zenit et le norvégien Skagen, sont également au capital (ils détiennent environ 15,3 % à eux trois). Mécontents de la gestion du patron Enrico Biondi, ils n’ont cependant pas l’intention de s’associer au Français. Mais ils pourraient à terme revendre leurs parts si Emmanuel Besnier leur propose un bon prix...
Lactalis (9,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires) est déjà très présent en Italie, suite au rachat en 2006 du numéro un de la mozzarella, Galbani, qui a fait de lui le numéro un du fromage dans le pays. Il détient en effet également la marque de fromages Invernizzi, rachetée à Kraft en 2003, la marque Locatelli, rachetée au suisse Nestlé en 1997, et Cademartori, acquis en 2005.
La banque Intesa Sanpaolo, la première banque de détail nationale, qui détient un peu plus de 2 % du capital de Parmalat, pourrait s’associer à Ferrero (6 milliards d’euros de chiffre d’affaires), le fabricant de Nutella, pour que le laitier reste italien. Le groupe laitier Granarolo, détenu par la coopérative Granlatte, s’intéresse également au dossier.
Le gouvernement suit de près les évènements. L’ambassadeur de France a même été convoqué par le ministre italien de l’économie, Giulio Tremonti, qui envisage des mesures pour protéger ses entreprises nationales, après le rachat du joaillier Bulgari par le français LVMH.
Le dossier Parmalat est épineux : en 2003, le groupe laitier s’est retrouvé au cœur d’un vaste scandale financier. Un film retraçant les évènements devrait sortir dans quelques jours sur les écrans italiens. Le groupe avait falsifié ses bilans, et ses pertes s’élevaient à plus de 14 milliards d’euros : près de 135 000 épargnants avaient vu leurs économies s’évanouir dans la faillite du groupe. Le gouvernement avait mis le groupe sous tutelle et confié sa gestion à Enrico Bondi, qui l’a redressé. En 2005, Parmalat retrouvait sa cotation en bourse. Depuis lors, il ne possède pas d’actionnaire majoritaire.

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