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Les zones éligibles pour l'éolien marin, enfin précisées

Par Ana Lutzky - Publié le
éolienne offshore flottante
© technip / StatoilHydro

Le gouvernement égrène les éléments précisant son appel d’offres sur l’éolien offshore. Ce mercredi, la localisation détaillée des zones des futurs parcs a été rendue publique, ainsi que la date et les critères de sélection des candidats.

La patience est décidemment une qualité précieuse chez les porteurs de projets d’énergies renouvelables. Après la multiplication des effets d’annonce pour la filière photovoltaïque, c’est désormais à la filière éolienne marine de faire le pied de grue. Maintes fois repoussé, le premier appel d’offres a été enfin officialisé hier par Nicolas Sarkozy, puis précisé aujourd’hui par un communiqué de Nathalie Kosciusko-Morizet.

D’un flou « deuxième trimestre », le lancement de l’appel d’offre est annoncé pour « mai 2011 ». Les  « 5 zones formant un lot » sont précisément situées sur la carte, coordonnées marines à l’appui. L’objectif est d’installer, grâce à cet appel d’offres, jusqu’à 3000 MW d’éoliennes en mer.



5 zones, d’une surface totale de 533 km2 :

•     Le Tréport (Seine-Maritime, Somme)1 - 110 km2, pour une puissance maximale de 750MW
•    Fécamp (Seine-Maritime) - 88 km2, pour une puissance maximale de 500MW
•    Courseulles-sur-Mer (Calvados) - 77 km2, pour une puissance maximale de 500MW
•    Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) - 180 km2, pour une puissance maximale de 500MW
•    Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) - 78 km2, pour une puissance maximale de 750MW

Trois régions sont citées : la Haute-Normandie, la Bretagne, et le Pays-de-la Loire.  Logique : ce sont les trois régions où sont localisés les 5 sites. Les industriels de ces régions qui seraient en mesure de fournir les pales, les mâts, les nacelles, les pièces métalliques,  des fondations, des services de transport, d’assemblage et de maintenance sont évoqués sans être nommés. Le ministère annonce même la mise en place de sites d’essai.

Reste qu’une quatrième région est citée : l’Aquitaine. Outre le port de Bordeaux, qui « dispose d'un domaine foncier exceptionnel », et permet de « répondre aux besoins logistiques les plus exigeants »,  des « activités de conception et de production (pales, capots de nacelles) ainsi que de développement et de maintenance de parcs » y sont « déjà installées ».

Quel calendrier

•    Les candidats disposent jusqu’au 30 novembre 2011 pour remettre leur offre.
•    Les lauréats seront ensuite sélectionnés au 1er semestre 2012
•    A l’issue d’une étape de « levée des risques » obligatoire, ils devront confirmer la faisabilité du projet, à l’été 2013.
•    Les installations devront alors être construites progressivement à partir de 2015.

Quels critères de sélection

La « qualité du projet industriel et social» sera, avec le «prix d’achat de l’électricité proposé», un «critère déterminant pour la sélection des candidats ». Le prix du kilowattheure devrait osciller autour de 16 à 18 centimes, estime le Syndicat des énergies renouvelables. Avec un tel tarif, l’industriel atteindrait l’équilibre financier au bout de 10 ans.

Chaque candidat devra ainsi faire part de ses intentions et engagements en termes de « constitution d’une ligne d’approvisionnement et d’assemblage », de « mobilisation des infrastructures portuaires », de « partenariats industriels sur l’ensemble de la chaine » (composants, génie civil, ingénierie, transport, maintenance, …), de « mobilisation du tissu de PME », d’ »emplois générés » par le projet, ou encore d’ « effort de R&D et d’innovation ».

En outre, Nicolas Sarkozy a fait savoir hier qu'une enveloppe de 100 millions d'euros serait débloquée pour « accompagner le développement de cette filière ». En fait, il s'agirait « selon toute vraisemblance de l'appel à manifestation d'intérêt» que s'apprête à lancer l'Ademe, indique Jean-Philippe Roudil, délégué général du SER. Cet AMI s'inscrit dans le cadre du fonds démonstrateurs de recheche de l'Ademe, financé par les investissements d'avenir du grand emprunt.
 


Vue globales des cinq zones

Près de 180 sous-traitants actifs dans l’éolien en France ont été identifiés par le Syndicat des Energies Renouvelables. Mersen (ex Carbone Lorraine), Ceole, CMD, Converteam, DCNS, Eiffel, Ferry Capitain, Guerton, Leroy-Somer, Rollix, Schneider Electric, STX, TNT SNR Roulements...

Les criteres de sélection

Des clauses permettant de limiter les risques pour le candidat ont été introduites : retards non imputables, indexation du prix d’achat de l’électricité pour atténuer l’effet yoyo du cours des matières premières, encadrement du raccordement électrique sont prévus.

Au large de Courseulles

Plusieurs industriels seraient en mesure de fournir les pales, les mâts, les nacelles et les pièces métalliques et des fondations. D’autres apporteraient leurs compétences en électronique, électromécanique, génie électrique et mécatronique.

Au large de Fécamp

L’agence de développement économique du Havre mobilise déjà une quarantaine d’entreprises et institutionnels sur le thème de l’éolien en mer. Le Port du Havre pourrait accueillir des activités d’assemblage et de maintenance, et un site d’essai.

Au large de Saint Brieuc

L’Agence économique de Bretagne et le cluster Pôle Naval pilotent le développement de la filière. Les ports de Brest et de Lorient se prêtent à la réalisation des fondations et des structures et à l’assemblage des turbines bord à quai.

Au large de Saint Nazaire

Le cluster Néopolia regroupe une soixantaine d’entreprises dans le domaine des énergies marines. Le Port de Saint-Nazaire d’ailleurs déjà les éoliennes destinées aux installations à terre, avant de les stocker à Montoir.

Au large du Tréport

Plusieurs ports de la région disposent d’infrastructures adaptées à l’assemblage et à l’acheminement de pièces lourdes. Le territoire compte également de nombreux sous-traitants issus des domaines de l’automobile, de l’aéronautique, de l’électronique, de la fonderie, ou de la plasturgie.

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2 réactions

raffou38 | 30/01/2011 - 09H14

Si ces projets sont en phase avec la fragilité d'approvisionnement en électricité de la pointe bretonne, alors ces projets sont une réponse intéressante à la construction de centrales nucléaires ou de lignes 400kV



bravo!

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lola | 26/01/2011 - 23H13

Les écolo hurlaient contre le bétonnage des côtes. Où sont-ils, maintenant ?



Un phare de 50 m se voit à plus de 30 km. Et des éoliennes de 200m se fondent dans l'horizon ?

NON au bétonnage en mer.

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