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Les valeurs bancaires en Europe résistent à la décision de S&P

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PARIS (Reuters) - Les valeurs bancaires européennes ont résisté lundi en Bourse, comme l'ensemble des marchés en Europe, la décision de Standard & Poor's de dégrader les notes de crédit de neuf pays de la zone euro, dont la France, ayant été très largement anticipée.

Certains intervenants ont même estimé que l'annonce intervenue vendredi soir levait en partie l'incertitude pesant sur les marchés et notamment sur le secteur bancaire.

"C'est une épée de Damoclès en moins...", résumait Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse France.

L'indice sectoriel des banques en Europe a fini en hausse de 0,55%, tandis que l'EuroStoxx 50 a gagné 1,01%.

"Il faut rester prudent, mais nous estimons que cette décision pourrait être une bonne nouvelle pour le secteur", écrit même Cyril Meilland, responsable de la recherche sur les banques chez Cheuvreux.

"Nous pensons que cette dégradation pourrait en fait déclencher un rebond, même si tant que la crise de la zone euro n'a pas été réglée par les politiciens, le rebond est susceptible d'être de courte durée", ajoute-t-il dans une note.

Outre la levée de l'incertitude qui pesait, les analystes citent le fait que la France n'ait été dégradée que d'un cran, alors que certains craignaient qu'elle en perde deux.

Ils estiment également que cette nouvelle devrait orienter la campagne électorale pour la présidentielle vers la maîtrise de la dette et du déficit budgétaire de la France, "seule manière d'imposer des réformes douloureuses" dans le pays.

A la Bourse de Paris, Société générale a pris 1,25% et Crédit agricole 1,05%, alors que S&P avait indiqué en décembre qu'une dégradation de la France d'un cran entraînerait une dégradation d'autant des deux banques.

BNP Paribas s'est adjugé pour sa part 1,6% alors que S&P avait indiqué que la note de la banque resterait inchangée si la France n'était dégradée que d'un cran.

LE MARCHÉ ATTEND LA RÉPONSE DE L'UE

Dès le début de la séance, les intervenant notaient que les marchés et le secteur bancaire étaient peu affectés par S&P, tous les marchés ayant largement anticipé cette décision.

"C'est une mauvaise nouvelle mais ce n'est pas la Berezina.

L'opinion de S&P s'aligne largement sur une opinion déjà actée sur les marchés obligataires et d'actions", soulignait Romain Burnand, codirigeant de Moneta Asset Management.

"Il n'y a pas vraiment de surprise et on a d'ailleurs une réaction assez mesurée sur les marchés, y compris sur les valeurs bancaires", renchérissait Frédéric Buzaré, stratégiste actions chez Dexia AM. "A la limite, le marché préfère que la nouvelle soit tombée pour pouvoir passer à autre chose."

Le secteur bancaire a cependant subi l'impact négatif lié au blocage des négociations sur l'échange de dette grecque et à la perspective de dégradations en chaîne de banques européennes dans la foulée de leurs Etats.

Les marchés vont maintenant centrer leur attention sur l'évolution des négociations avec la Grèce et sur la réaction des autorités européennes, notamment par rapport au Fonds européen de Stabilité financière (FESF), qui a perdu une bonne partie de ses garanties triple A, ont-ils estimé.

"Aujourd'hui, le marché regarde les négociations avec la Grèce, l'impact de la décision de S&P sur le FESF pour qui cela va être difficile de garder son 'rating', et la réponse des autorités européens, notamment lors du sommet du 30 janvier", ajoute le stratégiste de Dexia Asset Management.

Une baisse de la note du FESF, pour l'instant "triple A", apparaît désormais quasi inévitable car un accroissement de la contribution des quatre Etats ayant conservé cette note maximale

(Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg et Finlande) pour compenser l'impact de la dégradation française semble politiquement difficile à obtenir. et

Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez

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