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Les usines meurent aussi

Par Thibaut de Jaegher - Publié le
Thibaut de Jaegher, rédacteur en chef
© DR

Petroplus, Photowatt ou Seafrance. Que peuvent faire les candidats face à une entreprise qui ne peut plus se payer la matière première capable d'alimenter la machine ? Que peuvent-ils pour une entreprise dont les produits sont obsolètes ? Que peuvent-ils face à un marché qui se dérobe ? Pas grand-chose à vrai dire. Sur les causes profondes de ces fermetures de sites, ils n'ont aucune prise.

Ils défilent les uns après les autres. Ils se grisent au contact des ouvriers, y testent leur bagout et leur réparti lorsqu'un ouvrier les interpelle. Ils rivalisent de promesses et de petites phrases, vous savez celles qui leur donneront le temps d'une soirée, d'une journée ou d'une semaine un leadership médiatique. Mais dans le fond, les candidats à l'élection présidentielle -puisque ce sont bien d'eux que l'on parle- n'abordent pas les vraies questions, les vrais problèmes qui font qu'une entreprise ferme. Battant les ateliers (ou la campagne c'est selon), ils parlent tous de promouvoir le "produire en France" mais ils n'avancent aucune idée nouvelle. Ils tentent surtout de jouer les saints thaumaturges en se rendant en pèlerinage sur des sites industriels et en espérant que leur dévotion et leur bonne parole suffiront à soigner les maux de ces usines.

 

Dans le cas de Petroplus, de Photowatt ou de Seafrance, leur impuissance est frappante. Que peuvent faire les candidats face à une entreprise qui ne peut plus se payer la matière première capable d'alimenter la machine ? Que peuvent-ils pour une entreprise dont les produits sont obsolètes ? Que peuvent-ils face à un marché qui se dérobe ?  Pas grand-chose à vrai dire pour ne pas dire rien. Sur les causes profondes de ces fermetures de sites, ils n'ont aucune prise. On me rétorquera que s'il ne se déplaçait pas, cela serait désastreux pour leur cote de popularité. Sans doute. Mais on peut regretter qu'ils ne se servent pas de ces cas d'entreprise pour porter un autre message sur l'industrie, pour montrer une autre voie. Les candidats -et leurs électeurs- doivent l'accepter : oui, les usines meurent aussi. Et, non, ce n'est pas une fatalité. A condition de sortir des vieux schémas et de chercher des idées neuves.

 

Pour jouer la carte du "produire en France", les politiques, l'Etat et les collectivités locales ne devraient pas chercher à jouer les sauveteurs mais à innover. Comment ? En réorientant par exemple le système de subventions publiques vers le préventif plus que le curatif. En s’inspirant du travail réalisé en amont par les médiations (du crédit ou de la sous-traitance). Lors de leurs visites dans ces ateliers en péril, les candidats pourraient aussi tracer un avenir plus ambitieux et plus enthousiasmant pour l'économie du pays. Mais, ces dernières semaines, je n'en ai entendu aucun parler de stratégie industrielle, de secteurs en développement, de nouvelles technologies,  d'innovations, de start-up. A force, ce mutisme est assourdissant...

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1 réaction

zelectron | 18/01/2012 - 14H43

Plusieurs décennies (plus d'un siècle pour certaines) pour instaurer une industrie digne de ce nom, quelques mois pour la détruire et certains imaginent qu'il suffit d'un claquement de doigt (c'est une litote) pour la reconstruire?, et qui plus est l'innovation ne se décrète pas, n'en déplaise aux ronds de cuir. Tout le monde sait qu'il faut une dizaine d'années pour former un ingénieur efficace et encore (il n'y en a pas sous la botte d'un cheval!)

- 1ère mesure: autoriser les PME à se fédérer pour former des banques entre elles sans que l'état y mette son nez, si ce n'est pour sanctionner en cas de défauts par l'intermédiaire de ses juges, ni aucunes grosses banques et pas de CAC40 directement ou indirectement (abrogation des lois d'interdictions inspirées par le CNR après guerre). En Allemagne les PME/PMI sont maitresses du jeu de leurs propres banques!

- 2ème mesure robotiser à outrance, en conservant 20 ou 30% des effectifs vaut lieux que de voir annihiler tout travail. A titre d'exemple, Foxconn, en Chine, est en pleine phase de construction d'un million de robots pour exécuter une partie des tâches répétitives dans ses usines, croyez vous que ses prix vont augmenter ? Un certain nombre de ses salariés pourtant rémunérés très faiblement vont être remerciés, je vous laisse conclure ...

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