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Les trois mesures du Président

Par LAURENT GUEZ, directeur de la rédaction - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3270

Le transfert de cotisations annoncé par Nicolas Sarkozy, d?un montant de 14 milliards, ne suffira pas à créer le «choc de compétitivité» attendu. Sans compter qu?il n?est pas sûr de voir le jour?

Les annonces du président de la République, dimanche dernier, ont de quoi ravir les dirigeants de l?industrie, tant elles sont ciblées sur la création de richesses. Inspirées par de bons sentiments, et par une politique made in Germany, ces mesures ont-elles des chances de marcher? Hélas, même avec l?enthousiasme qui nous caractérise, nous nous permettons d?en douter. Prenons le transfert des cotisations sur la TVA et la CSG, qui vise à créer un «choc de compétitivité». Il a deux faiblesses. La première, c?est son ampleur, trop faible. La totalité des cotisations de la branche famille représente environ 30 milliards d?euros. Ce qui paraît déjà un peu juste pour générer une baisse du coût du travail susceptible de faire gagner à nos entreprises des parts de marché. Or la mesure de Nicolas Sarkozy, limitée à la part patronale, porte sur moins de 14 milliards? La deuxième, c?est son horizon, incertain. Le calendrier annoncé (qui prévoit une application à partir d?octobre) transforme en effet la réforme en promesse électorale. Si le Président est réélu, il la tiendra sans doute; s?il est battu, le transfert de charges sera enterré. Autre décision, la création d?une banque de l?industrie, filiale d?Oséo. L?idée n?est pas toute neuve. Outre qu?elle figure dans le programme de François Hollande, elle était défendue dès 2010 par l?ancien ministre Christian Estrosi, dans le cadre des états généraux de l?industrie (mais contrairement à ce que le maire de Nice martèle sur Twitter, elle n?avait pas été retenue en l?état par le gouvernement). Surtout, comme l?explique Gilles Le Blanc, économiste associé à «L?Usine Nouvelle », ce n?est pas un établissement spécialisé qui répondra aux besoins de toute l?industrie. Mieux vaudrait, selon lui, inciter les banques à financer les PME. Ou, comme le suggère la CGT par exemple, orienter une partie de la collecte de l?assurance-vie vers nos entreprises. Troisième idée: le chef de l?État a proposé aux partenaires sociaux de conclure des pactes «compétitivité-emplois». Ces accords seraient signés à l?échelle de l?entreprise. Ils permettraient, lorsque le carnet de commandes se dégarnit, de réduire le temps de travail? et les salaires, afin d?éviter les licenciements. La plupart des syndicats y sont opposés, car un employé ne pourrait plus refuser individuellement de signer. Malgré ces réticences, cette mesure est peut-être la plus intéressante. Elle place la direction et les représentants des salariés face à leurs responsabilités. Toujours le modèle allemand.

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