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Les trois impacts de l’arrestation du patron de Samsung sur le groupe et l’électronique mondiale

Ridha Loukil ,

Publié le

Samsung est privé de son patron effectif Jae-yong Lee, arrêté pour corruption politique. Un épisode qui plonge le premier conglomérat coréen dans la plus grave crise de son histoire. Avec trois impacts préjudiciables pour son avenir mais aussi pour l’ensemble de l’électronique mondiale.

Les trois impacts de l’arrestation du patron de Samsung sur le groupe et l’électronique mondiale
Siège de Samsung, dans le sud de Séoul
© Samsung

C’est le pire scénario pour Samsung. Impliqué dans le scandale de corruption politique, qui secoue la Corée du Sud depuis novembre 2016, le groupe se trouve décapité. Son vice-président Jae-yong Lee, qui en est le patron effectif depuis la crise cardiaque de son père Kun-hee Lee en 2014, est placé en détention préventive le 17 février 2017. L’arrestation peut durer jusqu’à 20 jours, privant le plus grand conglomérat du pays de direction.

La chaine logistique de l'électronique mondial en péril

L’homme fort de Samsung est accusé de corruption, trafic d’influence, détournement de fonds, dissimulation de preuves et parjure. La justice coréenne lui reproche notamment d’avoir monnayé le soutien du gouvernement à la fusion controversée de deux sociétés, Samsung C&T et Cheil Industries, dans l’objectif de conforter le contrôle de la famille Lee sur le groupe.

Son arrestation plonge Samsung dans la plus grave crise de son histoire. Avec des conséquences pour le groupe  mais aussi pour l’économie coréenne et la chaine logistique mondiale de l’électronique. Samsung Electronics, le vaisseau-amiral, qui représente les deux tiers du chiffre d’affaires de 300 milliards de dollars du conglomérat, est en effet le numéro un mondial des mémoires flash, des mémoires Dram, des écrans Oled, des smartphones et de la télévision, et le numéro deux mondial des tablettes, des LED ou encore des capteurs d’image. Il joue un rôle de premier plan dans la chaine logistique mondiale de l’électronique en fournissant ses technologies à un grand nombre d’équipementiers dont Apple, HP Inc, Lenovo et Dell.

Menace à l'horizon dans les puces mémoires

Mais c’est sur l’avenir de Samsung que les craintes se font le plus sentir dans les milieux économiques coréens. Avec trois impacts potentiels qui risquent d’amplifier l’état de léthargie dans lequel le groupe semble irrémédiablement plongé. Samsung Electronics ne joue plus son rôle de locomotive. Sous pression chinoise dans les mobiles, la télévision, l’électroménager ou les écrans plats, il a en 3 ans perdu 12% de son chiffre d’affaires à 174 milliards de dollars en 2016 et 23,5% de son bénéfice net à 19 milliards de dollars la même année. Et des nuages se profilent au-dessus de son activité phare des puces mémoires menacée par la déferlante annoncée des Chinois en 2018.

Processus de succession compromis

Le premier impact concerne la succession de Kun-hee Lee au poste de président. Depuis sa crise cardiaque en 2014, le conglomérat souffre d’un flottement de direction au sommet. En tant que vice-président, Jae-yong Lee n’est que le numéro deux même s’il est le patron effectif. Le fiasco du Galaxy Note 7, retiré du marché en octobre 2016 à cause d’un problème de batterie, lui a donné l’occasion de tenter une prise en main en entrant au conseil d’administration de Samsung Electronics. Ce processus de succession risque d’être compromis par l’épisode judicaire.  Le patriarche Kun-hee Lee dispose toutefois d’un joker, sa fille ainée Boo-Jin Lee, qui dirige Shilla, l’activité hôtellerie du groupe, pour remplir le vide. Mais les milieux d'affaires s'interrogent sur sa capacité à diriger un conglomérat qui compte une soixantaine de sociétés et près de 500 000 employés dans le monde, et qui représente 20% du PIB de la Corée du Sud.

Arrêt des réformes structurelles

Le fiasco du Galaxy Note 7 a mis en lumière les problèmes structurels du groupe et a fait naitre un besoin urgent de changements. Les investisseurs réclament davantage de transparence sur le fonctionnement du conglomérat et un meilleur contrôle sur les directions de ses entités. Le travail de réforme a commencé avec le projet de créer une société holding qui coiffe l’ensemble des sociétés du groupe, liées entre elles aujourd’hui par un système complexe de participations croisées. Le fonctionnement interne de Samsung Electronics est également pointé des doigts comme trop rigide et hiérarchique, presque militaire. Un aspect culturel difficile toutefois à gommer. Ces projets de réformes risquent d’être stoppés.

Gel des projets de développement

Enfin le mode centralisé de décision fait que les grandes orientations stratégiques sont prises une fois par an en décembre. Du fait des tribulations judiciaires, elles ont été reportées à mars 2017. Elles risquent d’être repoussées encore plus loin, laissant le groupé gelé dans son fonctionnement actuels, sans grands projets de développement d’avenir. De quoi profiter à la concurrence chinoise, devenue la grande hantise de l’électronique coréenne.

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