imprimer

"Les technologies de Saab ne sont pas vieillottes !"

Par Rémy Maucourt - Publié le
Rassemblement Saab
© Inside Saab

Les amoureux de la marque Saab se retrouvent ce week-end un peu partout dans le monde pour marquer leur indignation devant la mise en liquidation judiciaire du constructeur automobile suédois. Rendez-vous a été fixé par exemple ce samedi 14 janvier à Paris et à Mulhouse. Rémy Bruyelle, responsable du blog Saab Actu, co-organise ce rassemblement. Il a confié à L'Usine Nouvelle sa vision de la situation de Saab.

L'Usine Nouvelle - Comment est venue l'idée de ce rassemblement ?
Rémy Bruyelle - L'impulsion est venue d'un site néerlandais, créé deux jours avant le dépot de bilan de Saab. Ils ont lancé un appel au rassemblement. J'ai relayé cet appel le 22 décembre, tout s'est passé très vite. Cette initiative est vraiment portée par la base des clients, par des associations.

Pourquoi aimez-vous particulièrement les Saab ?
Ce sont des voitures atypiques, elles ne laissent pas indifférent. Ce qui fait qu'on aime une Saab, c'est de la conduire. Je n'ai jamais retrouvé la sensation de conduite d'une Saab avec une autre voiture. C'est un confort qui n'a rien de luxueux, issu de la logique de design de Saab : la forme suit la fonction.

Le deuxième élément qui attire chez Saab, c'est la sportivité. C'est ça qui a fait la légende de la marque, avec des modèles comme la Saab 900.

Vous pouvez aujourd'hui retrouver ce plaisir avec d'autres véhicules...
Aujourd'hui les bases techniques sont partagées entre différentes marques de General Motors. Ce qui est menacé, c'est moins la technologie que le savoir-faire. Ce qui est génial à Trollhättan (Ndlr : le siège historique de Saab) ce sont les ingénieurs. Cette culture de l'ingénierie, issue de l'aéronautique, a fait la force de Saab.

Cette société a toujours été sous-financée, ce qui lui a donné une particularité : une culture d'entreprise assez rare. C'est également ce qui nous inquiète, la disparition de cette culture.

Pensez-vous que les technologies de Saab sont assez innovantes pour intéresser un investisseur ?
Elles sont attirantes pour tous les pays dans lesquels il reste de la place pour de nouveaux constructeurs. Les pays émergents ont encore besoin de savoir-faire. Conçevoir une chaîne d'équipementiers, cela ne se fait pas comme ça, il faut une science de la logistique et de multiples compétences.

Pour des constructeurs occidentaux, c'est plus compliqué. Mais la dernière plate-forme modulaire de Saab permet de construire quatre modèles différents, d'une voiture moyenne à un 4x4. Le tout avec une seule plate-forme technologique. Saab est en avance sur ce point. De plus, les motorisations diesel sont les plus éco-performantes sur le segment des voitures puissantes. Ce ne sont pas des technologies vieillottes !

Reprochez-vous à General Motors (GM) de laisser mourir Saab ?
Je pense que Saab doit beaucoup à GM. Tout n'est pas à jeter dans la technologie GM, loin de là. Les modèles conçus durant la période GM ont une bonne base technique. La critique aveugle de GM n'a donc pas de sens.

Mon interprétation, c'est que si la vente de Saab à Spyker en 2004 était licite, GM a gardé la main sur les brevets vitaux de Saab. Le groupe a également gardé 320 millions d'actions préférentielles. Il ne faut pas oublié que Spyker était à l'époque un très petit constructeur. Je pense que la politique du groupe avait pour objectif que Saab ne devienne pas un concurrent. Aujourd'hui on en veut à GM, tout en comprenant la logique financière.

Même si un chinois achète Saab, il lui faudra 3 ou 4 ans avant de sortir les véhicules. Largement le temps pour GM de renouveler sa gamme. Aujourd'hui, le groupe américain refuse d'autres offres venant de pays moins concurrentiels que la Chine, comme le Mexique. On ne voit pas vraiment pourquoi.

Pensez-vous que votre action aura un impact ?
On ne pense pas sauver le monde. On veut surtout soutenir ceux qui travaillent pour la marque. On veut prouver que Saab garde une base de clientèle, et que tous sont prêts à racheter une Saab. Moi, je ne me pose pas la question.

Propos recueillis par Rémy Maucourt

Le blog Saab Actu

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

1 réaction

Saabiste en colere | 16/01/2012 - 22H39

La situation actuelle est ubuesque: un constructeur qui veut vivre, des clients qui veulent acheter et GM qui bloque tout comme si Saab allait lui prendre des parts de marche: lamentable!

Signaler un abus |  CITER


Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter