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Les syndicats incrédules sur la réforme de Fret SNCF

Le 19 octobre 2009 par Olivier Cognasse
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sncf_reuters

Demain, trois syndicats appellent à la grève contre le projet de réorganisation du fret ferroviaire. La question des filiales et du wagon isolé est au centre du débat.

Toutes les annonces récentes sur la réorganisation du fret ferroviaire ne semblent pas avoir convaincu l’ensemble des partenaires sociaux, même si l’UNSA, deuxième syndicat de l’entreprise ne suit pas le mouvement. La CGT, Sud-Rail et même la CFDT appellent à la grève pour la journée de mardi 20 octobre. Si de nombreux motifs sont évoqués pour concerner le maximum de salariés, inutile de voiler la face. Le problème du fret ferroviaire et de Fret SNCF est au centre des débats.

Tout récemment, le gouvernement a annoncé un investissement de 7 milliards d’euros, chiffre à mesurer quand on sait qu’un grand nombre de projets étaient déjà prévus et que cette somme mirobolante est prévue jusqu’en 2020. La SNCF a depuis apporté son obole en rajoutant 1 milliard d’euros pour relancer cette activité historiquement déficitaire (sans doute 600 millions d’euros cette année).

Cette réorganisation passe par un abandon d’une grande partie de la messagerie ferroviaire (ou wagon isolé) qui plombe les comptes. Et pour éviter un transfert massif vers la route - la CGT et l’AUTF (association de chargeurs) parlent d’1 million de camions en plus sur les routes – la SNCF propose de développer le transport combiné (l’autorité de la concurrence vient d’ailleurs d’accepter la prise de contrôle de Novatrans), les autoroutes ferroviaires ou le fret à grande vitesse (projet Carex entre les aéroports européens). Des projets peu convaincants pour les syndicats. Alain Prouvenq, secrétaire de la fédération Cheminots de la CGT, « ces annonces ne produiront pas leurs effets avant 2020 ». Et la première centrale syndicale de la SNCF de citer les autoroutes ferroviaires qui entre Perpignan et Luxembourg ne transporteront en 2013 que 80 camions par jour (le double du trafic actuel), alors que 800 camions empruntent la route chaque jour.

Les syndicats s’alarment également des suppressions d’emplois qu’ils estiment à 6 000. La direction estime qu’il n’y a « pas de sureffectif ».

Dernière angoisse pour les salariés de Fret SNCF: la création de filiales. Sur ce point la direction de la SNCF a provisoirement reculé en parlant « d’entités spécialisées » créées au sein de la maison-mère, pour une période expérimentale. « Nous allons voir, sans dogmatisme, si nous obtenons des résultats similaires sans la création de filiales, qui apporteraient de la souplesse et des coûts de structure plus légers », a déclaré récemment le directeur des ressources humaines de la SNCF, François Nogué. Mais n’est-ce pas reculer pour mieux sauter ?

Olivier Cognasse

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