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Les Suédois font pression sur Lula pour qu’il choisisse le Gripen au lieu du Rafale

Par Yann Le Houelleur - Publié le
Dassault Aviation - Rafale AM39
© Dassault Aviation - F. Robineau

Le roi Carl XVI Gustaf et la Reine Silvia effectuent une visite au Brésil. L’occasion, pour le président de Saab, tout comme pour le 1er ministre suédois, de vanter les avantages du Gripen, moins coûteux que le Rafale. Dans une vingtaine de jours, le président Lula fera son choix quant au vainqueur de cet appel d’offres, une décision avant tout politique.

C’est dans une vingtaine de jours, selon la presse brésilienne, que le président Luiz Inacio Lula da Silva devrait se prononcer, en dernier ressort, sur ce que ses compatriotes appellent «le contrat du siècle», à savoir l’acquisition, par les Forces armées brésiliennes, de 36 avions de combat multi-fonctions. «Je redoute (à ce sujet) une décision politique du Brésil», a déclaré le mercredi 24 mars Aake Svensson, le PDG de Saab. Conçu par ce constructeur aéronautique suédois, le Gripen est le concurrent du Rafale, tout comme le F-18 Super Hornet fabriqué par Boeing: le président Lula devra porter son choix sur l’un de ces trois chasseurs. En prononçant de telles paroles, le président de Saab exprime ses craintes quant aux chances, très probables, qu’a le consortium emmené par Dassault de remporter une telle bataille internationale.

« Nous faisons une offre vraiment compétitive »

Aake Svensson fait partie de la délégation de chefs d’entreprise accompagnant le roi Carl XVI Gustaf et la Reine Silvia lors d’une visite officielle, en grand style, au Brésil. L’occasion idéale, pour les Suédois, de faire du loobying auprès des autorités brésiliennes, quelques jours avant la décision tant attendue de Lula. Le premier ministre suédois, aux cotés du couple royal, n’a pas manqué de vanter les avantages du Gripen par rapport à ses rivaux : «Nous faisons une offre vraiment compétitive non seulement parce que notre prix est le moins élevé mais aussi parce que nos avions impliquent des coûts moindres sur le plan opérationnel». Effectivement, les Suédois n’ont pas manqué de rappeler, ces derniers mois, que l’heure de vol du Gripen est quatre fois moins onéreuse que celle du Rafale. Et puis, comme le relevait le plus important quotidien brésilien début janvier, la Folha de S. Paulo, «Saab offre le Gripen pour la moitié du prix du Rafale, soit quelque 70 millions de dollars» (chaque unité). Rappelons qu’en visite à Paris, à l’aube de la nouvelle Année, le ministre de la Défense brésilien Nelson Jobim s’était vu accorder par ses interlocuteurs français un fort «rabais» sur la facture des 36 Rafales proposés par Dassault aux Brésilien, initialement établie à huit milliards de dollars. Ainsi, la facture ne serait «plus que» de six milliards. Or, pour 36 Gripen, les Brésiliens auraient à débourser seulement 4,5 milliards de dollars.
 

Lula exige un transfert de technologie intégral

Or, le 9 mars, Lula a fait des commentaires laissant à penser que Dassault pourrait décrocher «le contrat du siècle» : «L’entreprise qui sera choisie devra s’engager à fournir sa technologie de pointe tout entière sous forme de transferts de technologie.» C’est précisément l’atout que les Français semblent avoir dans cette grande opération de charme et de marchandage politique auxquels la modernisation de la flotte aérienne militaire du Brésil a donné lieu. La presse brésilienne s’est fait fort de relever, à plusieurs reprises, que le moteur du Gripen fait appel à une technologie issue des Etats-Unis, un pays qui s’oppose à certains transferts en la matière.
Plus que jamais, la décision que prendra Lula s’avère politique, surtout lorsqu’on pend en considération le partenariat stratégique noué entre la France et le Brésil, partenariat s’étendant à plusieurs champs d’intérêt, que ce soit l’économie, les nouvelles technologies, l’éducation, la culture ou l’environnement. Le président Sarkozy ne s’est-il pas rendu à deux reprises au Brésil en 2009? De surcroît, les Brésiliens aspirent à obtenir un siège au conseil de sécurité élargi de l’ONU, un rêve que la France peut contribuer à concrétiser…

Y. Le Houelleur

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3 réactions

Rafi | 26/03/2010 - 14H10

Les suédois s'accrochent a leur seul et unique pseudo argument : le prix....pour le reste, y a pas photo.
Le Rafale est un chasseur multiroles moderne, très performant (les derniers exercices contre avions alliés l'ont prouvé) et de plus "combat proven" (operationnel en Afghanistan depuis 3 ans.
Quant aux suédois, ce qu'ils proposent est le GRIPEN NG. C'est à dire un chasseur léger aux performances limitées et qui plus est dans une nouvelle version, qui n'existe donc que sur le papier pour le moment. Comment peut on connaitre le cout de développement, de maintenance et de mise en oeuvre pour un avion qui n'existe pas encore ????? Ils peuvent donc raconter ce qu'ils veulent. Tout le monde sait qu'il y a toujours des dérives de couts pour ce type de matériel. Alors....
Enfin, la question des transferts de technologie ne souffre aucune contestation possible. Le Rafale est 100% français (à part peut etre quelques composants ici et là) alors que le Gripen n'a pratiquement que la cellule de suédoise. Quasiment tous les équipements sont d'origine américaine.

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Cigale | 25/03/2010 - 17H19

Les deux avions ne sont pas comparables en terme de performances, rayons d’action, capacité d’emport et polyvalence.

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Broquere | 24/03/2010 - 18H30

Pourquoi de tels écarts de coût s'ils sont avérés! Est ce un autre héritage des marchés assurés du passé?..
Surprenant de la part de Dassault mais sait on jamais..

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