LES START-UP À SUCCÈS SONT EXTRAVERTIES
Par AURÉLIE BARBAUX - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3267Extravertie ou autocentrée ? Dans une étude radiographiant 5 500 entreprises de technologie innovantes créées entre 1998 et 2007, Oséo a défini cinq profils de start-up, pour mieux les aider... à grandir. D'après l'enquête, le taux de pérennité des jeunes entreprises innovantes à cinq ans est de 85 %, soit deux fois supérieur à celui des entreprises classiques. Mais elles ont du mal à se développer. « Sur les 4 600 en vie à fin 2009, une petite dizaine a atteint la taille d'une ETI », observe Laurence Tassonne, responsable des études chez Oséo. Les autres ? Oséo les a classées en cinq catégories : les rachetées (4 % du total), les non-développées (5 %), les autocentrées (41 %), les intermédiaires (12 %) et les extraverties (38 %), qui auraient le profil idéal pour se développer. Elles ont gardé une activité de R et D interne. Elles ont développé leur réseau et les partenariats avec des laboratoires et des entreprises. Elles ont ouvert leur capital (3 % d'entre elles sont même en Bourse). Et surtout, elles sont largement parties à l'international (80 %). Pourtant, elles n'emploient en moyenne que 10 salariés (contre quatre pour les autocentrées et six pour les intermédiaires) et réalisent un chiffre d'affaires moyen de 580 000 euros (contre 390 000 pour les autocentrées). C'est très peu. Même si ces chiffres sont à prendre avec précaution. Les entreprises du panel ayant entre deux et treize ans ! Les causes de cette faible croissance ? Contrairement aux idées reçues, boucler le budget et trouver des financements n'est pas le principal frein. « Les entrepreneurs peinent aussi à déterminer le besoin des clients et à recruter. L'accès et la fidélisation aux compétences apparaissent comme primordiales », observe Annie Geay, directrice d'Oséo Innovation. Ces entrepreneurs (à 90 % des hommes d'une quarantaine d'années ayant déjà 10 à 15 ans d'expérience) ont réussi à dégager quatre principaux leviers de succès : maintenir une activité de R et D, trouver la bonne adéquation entre l'offre et les demandes des clients, assurer la cohésion de l'équipe initiale et constituer un réseau relationnel pertinent. Mais surtout, il faudrait leur laisser du temps. Dix ans au moins. C'est l' enseignement de cette étude.
nullC'est le taux de pérennité des jeunes entreprises innovantes à cinq ans.











