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Les SSII, premier débouché des jeunes ingénieurs

Par M.a. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3124HS

Les sociétés de services en ingénierie informatique embauchent près du tiers des diplômés d'écoles d'ingénieurs. L'occasion de travailler sur des missions variées, d'approfondir une « techno », ou de goûter à la gestion de projet. Mais attention ! Les mauvaises surprises existent.

P rès de 1 800 embauches chez Logica, 1 700 chez Sopra Group, 1 200 chez Assystem... Les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) sont toujours en quête de candidats. Affichant pour 2008 une croissance de 5,7 %, elles peuvent encore compter sur les besoins de leurs clients. Premier recruteur de jeunes ingénieurs - selon l'enquête 2008 du CNISF, près d'un diplômé sur trois rejoint une SSII -, le secteur possède plusieurs atouts pour séduire la jeune génération : travail en mode projet, variété des technologies utilisées, des secteurs d'activité et des interlocuteurs rencontrés... Au sein de Sopra Group, le nouvel embauché peut débuter sur un poste d'ingénieur études et développement, et être conduit au bout de quelques années à des responsabilités de chef de projet. Benjamin Simonneau a, lui, intégré Logica en juillet 2007, suite à un stage de fin d'études. Sa mission : « Je travaille au sein d'une équipe de dix consultants sur la refonte d'une application informatique d'un constructeur automobile. » Et avec trois consultants sous sa responsabilité, il peut déjà découvrir le management.

Mais globalement les compétences manquent et les SSII recrutent large. « Nous recherchons aussi bien des ingénieurs issus d'écoles d'informatiques que des généralistes. En tout, nous ciblons un réseau de 110 écoles », explique ainsi Consuelo Bénicourt, la responsable recrutement de Sopra Group.

 

Un turn-over important

Et pourtant. Avec des taux de turn-over compris entre 20 et 30 %, les employeurs peinent à retenir leurs poulains. La faute à certains de leurs clients qui débauchent les consultants qu'ils ont vus à l'oeuvre. Res-ponsable aussi, les pratiques véhi- culées par certaines entreprises : manque de formation, placement sur des technologies non souhaitées, salaires en berne - le salaire médian des ingénieurs de moins de 30 ans s'établit à 35 000 euros bruts, selon le CNISF, soit un des plus bas de la population ingénieur.D'autres dénoncent le côté « marchand de viande » de certains employeurs, qui pratiquent la régie et n'hésitent pas à placer durant des années leurs consultants chez un client, sans suivre leur évolution de carrière. Enfin, une inconnue subsiste : « Le secteur est très sensible à la conjoncture », souffle Régis Granarolo, le président du Munci, une association professionnelle et syndicale d'informaticiens. L'éclatement de la bulle in- ternet en 2000 avait provoqué des licenciements massifs, la crise économique actuelle rappele de mauvais souvenirs. .

Classement des écoles d’ingénieurs 2012 

Comparatif  des écoles d’ingénieurs 2012 

 

 

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