Les sorties d'argent s'accélèrent en Grèce avant le scrutin

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ATHENES (Reuters) - Les banques grecques ont enregistré une forte hausse des sorties d'argent à l'approche des élections législatives de dimanche, de nombreux Grecs craignant que le résultat du scrutin ne pousse leur pays hors de la zone euro, ont rapporté des banquiers.

Ces derniers jours, les retraits cumulés des principales banques grecques ont atteint 500 à 800 millions d'euros par jour, le rythme s'accélérant à l'approche du vote, en particulier mardi, ont dit mercredi deux banquiers.

Les sorties d'argent dans les petites et moyennes banques ont oscillé de leur côté entre 10 et 30 millions d'euros, ont-ils ajouté.

"Cela inclut les retraits de liquidités, les transferts bancaires et les investissements dans les fonds du marché monétaire comme les Bunds allemands, les emprunts du Trésor américain et les obligations de la BEI" (Banque européenne d'investissement), a précisé un banquier sous couvert de l'anonymat.

Au cours des deux dernières années, la crainte de voir la Grèce sortir de la zone euro a lentement réduit le montant des dépôts dans les banques grecques. La baisse a atteint l'an dernier 17%, soit 35,4 milliards d'euros, et le montant des dépôts s'établissait fin avril à 165,9 milliards d'euros, selon les chiffres de la banque centrale.

La fédération de la distribution a quant à elle constaté une ruée des consommateurs sur des denrées non périssables comme les pâtes ou les boîtes de conserve.

Ce mouvement serait notamment entretenu par des rumeurs d'une victoire de la gauche radicale Syriza aux élections législatives, qui aboutirait selon certains à l'abandon de l'euro et au retour de la drachme en Grèce.

Alors qu'approche le scrutin, en l'absence de sondages dont la publication est interdite dans les deux semaines précédant le vote, des responsables des partis ébruitent des enquêtes "secrètes". Une rumeur a ainsi prédit mardi une large victoire de Syriza, qui refuse la politique d'austérité imposée à Athènes en échange d'une aide financière vitale.

"C'est absurde", réagit un sondeur. "Nos sondages montrent que le paysage n'a guère changé depuis la diffusion des derniers sondages. Les partis sortent ces chiffres en espérant renforcer leur position."

Les derniers sondages autorisés, publiés le 1er juin, placent Syriza à peu près au même niveau que Nouvelle Démocratie, le parti de droite conservatrice d'Antonis Samaras. Et pas plus que lors des précédentes législatives, le 6 mai dernier, un parti ne semble en mesure de former seul un gouvernement.

George Georgiopoulos et Lefteris Papadimas, Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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