Les skis Salomon sur la mauvaise pente
Par Carine Sai - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2991L'équipementier, récemment intégré au groupe Amer Sports, supprimera encore 400 postes d'ici à deux ans.
Sur les traces de son concurrent Rossignol - qui annonçait, en novembre, la suppression de 104 postes -, le groupe finlandais d'équipements sportifs, Amer Sports, restructure sa division skis. Sa filiale française Salomon, qui compte deux sites en Haute-Savoie, verra ainsi 378 postes disparaître sur 1 500.
L'usine de skis de Rumilly, qui emploie 584 personnes, se séparera de 180 opérateurs entre mai 2006 et la mi-2007. Sur la même période, la restructuration touchera 101 postes de cadres et 97 d'agents de maîtrise à Metz-Tessy. « Cela fera 800 emplois coupés en deux ans, après les 250 postes d'intérimaires et les 150 CDI récemment supprimés », déplore Sylvain Chalumeau, un délégué CGT de Salomon.
Lors de l'annonce de l'achat de Salomon à Adidas en mai 2005 pour 485 millions d'euros, Amer Sports (6 835 salariés et 1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2004) présentait déjà les grandes lignes d'un « programme de rationalisation sur trois ans, afin de pérenniser sa compétitivité ». Réduction de l'effectif, réorganisation des opérations... le groupe veut économiser 40 millions d'euros par an d'ici à la fin de 2008. Un plan drastique qui inclut l'accélération de la relocalisation en Roumanie de la production des skis Salomon et des chaussures de ski Atomic, initiée en 1994.
Cette relocalisation devrait se poursuivre en Chine, où le groupe produit déjà rollers et planches à neige. L'Hexagone conserverait la production des cycles (marque Mavic) et des équipements haut de gamme de sports d'hiver. Et réduirait la cadence dans le ski : les usines haut-savoyardes, selon la direction, ne produiraient plus que 50 000 paires en 2007 contre 250 000 aujourd'hui. Le président de Salomon, Jean-Luc Diard, souligne que ses concurrents Burton, K2 et Volk fabriquent déjà en Asie.
En cause, la volatilité du marché mondial : deux millions de paires de skis en moins en 2004 par rapport aux 6,5 millions vendus il y a dix ans ! Salomon, qui gagne de moins en moins d'argent dans ce secteur très concurrentiel, n'a d'autre solution, pour assurer son avenir, que de prendre des mesures drastiques.











