Le comité central d'entreprise de PSA qui s'est tenu ce jeudi 25 octobre avenue de la Grande armée a permis de définir un calendrier des négociations sociales à venir.
Résignés, les salariés de PSA Aulnay qui manifestaient tôt ce matin devant le siège du groupe, avenue de la Grande Armée à Paris, savent que le nombre de suppressions de postes a peu de chance d'évoluer. Leur patron, Philippe Varin, a confirmé hier qu'il ne réduirait pas les 8 000 suppressions de postes envisagées de "quelques centaines", comme le lui avait demandé Arnaud Montebourg, en échange de la garantie bancaire de l'Etat.
Alors maintenant, les 3 000 salariés du site de Seine-Saint-Denis pensent à leur avenir. Dans les ateliers, ils ont ouvert des "cahiers de revendications", où ils disent ce qu'ils souhaitent faire, personnellement. C'est le ferrage qui a ouvert le bal, et tous les ateliers doivent s'y mettre. "Certains envisagent des pré-retraites, mais à partir de quel âge seront-elles possibles ?" s'interroge un délégué CGT chargé de recueillir les souhaits des salariés. "Ceux qui sont prêts à partir avec des indemnités ne savent pas du tout combien demander, poursuit-il. Mais une chose est sûre : PSA a de l'argent, il va falloir qu'il aide ses salariés à trouver une solution. Notre objectif, c'est personne à Pôle emploi."
Pour les mobilités internes, les salariés s'interrogent sur les indemnités de déménagement, l'emploi du conjoint, s'inquiètent du logement. "On parle de nous reclasser à Poissy, mais il n'y a pas de logements libres, là-bas, il faut que PSA nous en trouve." Les formations ? "Pourquoi pas, mais à condition d'avoir une garantie d'embauche en CDI après", avance un manifestant. Quant aux 1 000 emplois que Philippe Varin annonce avoir déjà trouvés sur Aulnay, aucune information n'a filtré, et personne n'y croit. "On nous parle d'un concessionnaire, d'un garage, d'une casse... Ca ne fait pas 1000 emplois, ça !" s'énerve un salarié.
Pourtant en fin de matinée selon l'AFP, qui cite des sources syndicales, la direction a annoncé aux élus du comité central d'entreprise que l'entreprise ID Logistics allait s'installer sur le site d'Aulnay à partir de la fin 2013 et pour un démarrage en 2014. Les 600 emplois créés seront "complètement proposés" aux salariés PSA du l'usine de Seine-Saint-Denis.
Depuis l'annonce de la fermeture, des tractations sont en cours pour réindustrialiser le site d'Aulnay, PSA restant l'un des plus gros employeurs du département. ID Logistics mais aussi Gefco et la filiale française du britannique Hammerson ont ainsi tour à tour été citées en tant qu'entreprises potentiellement intéressées.
Une belle victoire
Les syndicats estiment avoir remporté une belle victoire, ce matin en comité central d'entreprise. La direction de PSA souhaitait organiser les mobilités internes dès maintenant, et demandait un vote du CCE sur ce point. Les syndicats y étaient farouchement opposés, ne voulant pas laisser partir certains salariés tant que tout le monde n'est pas recasé. "La direction a essayé de nous diviser, elle n'a pas réussi", a déclaré Jean-Pierre Mercier, le délégué CGT d'Aulnay, lors d'une suspension de séance. Le groupe a en effet accepté d'envisager des négociations globales, sur l'ensemble des points en discussion, et a retiré son projet de mutations internes. "Cela fait 17 mois que l'on demande ces négociations", a commenté Jean-Pierre Mercier. "C'est un premier pas, une petite victoire", s'est réjouie Tanjia Sussest, du SIA.
Mais la direction est pressée, et la première réunion de négociations aura lieu dès le 7 novembre. Au menu, tout le mois de novembre: les mobilités, internes et externes, et les dispositifs de maintien dans l'emploi des seniors. En décembre, seront abordées la situation des personnels à capacité restreinte, les mesures de transition professionnelle et autres mesures d'accompagnement. Objectif : avoir terminé les négociations pour le troisième CCE de fin décembre ou début janvier.
Cet après-midi, direction et syndicats se retrouveront au ministère du Redressement productif, pour une première réunion tripartite. Une seconde réunion, spécifique à Aulnay, est prévue le 8 novembre avec le préfet de Seine-Saint-Denis.











