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Les salariés de Fralib contraints de libérer les accès de l’usine

Par Jean-Christophe Barla (Provence-Alpes-Côte d'Azur) - Publié le
©CGT - Rassemblement Fralib le 03-09-2011
©CGT - Rassemblement Fralib le 03-09-2011

La justice a ordonné aux salariés de Fralib de débloquer les accès de l'usine de Gémenos.

La direction de Fralib Sourcing Unit a obtenu le 28 septembre du juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Marseille que les salariés libèrent les accès de l’usine de thés et infusions de Gémenos (Bouches-du-Rhône). Le site était bloqué depuis début septembre par le personnel qui proteste contre un projet de fermeture entraînant la perte de 182 emplois.

Quatre représentants syndicaux et deux salariés licenciés avaient été assignés "pour entrave à la liberté du travail, à la libre circulation des biens et marchandises et à la liberté du commerce, de l’industrie et de la propriété". La direction réclamait également du tribunal "l’interdiction d’accès au site et dans les bâtiments de toute personne porteuse de tout objet, produit ou de tout projectile, quel qu’il soit, et qui serait susceptible d’être utilisé afin de porter atteinte à l’intégrité physique, à l’intégralité morale et à la sécurité des personnes ainsi qu’à la sécurité des biens".

L’équipe dirigeante de Fralib a dû en effet se replier dans des bureaux de la zone industrielle voisine, à Aubagne, faute de se voir autorisée à pénétrer dans les lieux. Il est fait état de menaces et d’intimidations.

Un projet "utopique et mensonger"

Propriétaire de l’usine, Unilever s’est déclaré satisfait de cette décision qui ne devrait cependant pas entraîner la libération du site, à en croire les représentants syndicaux CGT-CFE-CGC de Fralib. "La justice n’a pas suivi Unilever dans son objectif d’obtenir l’arrêt de l’occupation du site. La décision rendue à Marseille reste mesurée et nous conforte dans notre bon droit de protéger l’outil de travail. Au lieu d’abuser de recours en justice, Unilever serait mieux inspiré d’accepter la tenue de la table ronde revendiquée par les salariés".

Des salariés qui militent en effet pour un projet alternatif dans lequel ils conserveraient la marque "L’Eléphant ", fondée il y a 119 ans à Marseille. Ils reçoivent quasiment toutes les semaines des visites d’élus régionaux et nationaux pour soutenir leur combat.

Après François Hollande, Jean-Luc Mélenchon ou Eva Joly, Arnaud Montebourg les a rencontrés ce 29 septembre et leur aurait promis de faire une étude sur l’expropriation des marques par les multinationales. Mais Unilever ne veut pas entendre parler de leur projet, le jugeant "utopique et mensonger", pour privilégier un processus de reconversion destiné à créer 182 emplois en compensation de l’impact de la fermeture de cette usine qu’il considère non rentable.


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