Les robots humanoïdes débarquent sur Arte

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Real Humans
© Arte

Arte propose une série suédoise très réussie qui met en scène un pays où les robots de services humanoïdes ont dépassés le stade de gadgets pour devenir les assistants au quotidien des humains. Mais plus leurs programmes sont performants moins le monde tourne rond.

C’est une série fascinante tant par son sujet que par sa réalisation que propose Arte à partir du 4 avril prochain. Dans une Suède tranquille d’aujourd’hui ou de demain matin, les robots de service ont fait leur apparition dans la plupart des foyers. Ils sont devenus les machines de compagnie ou d’assistance de familles modèles qui en apparence sortent tout droit d’un catalogue Ikea. Sauf que les humains ne sont aussi simples que des bibliothèques Billy et chez les suédois le feu couve sous la glace. La cohabitation avec ceux que certains individus considèrent comme des grilles pains amélioré et d’autres comme des humains de remplacement fort dociles, voire plus agréables que leur congénères va s’avérer explosive.

Entre "Desperate Housewives" et "Bienvenue à Gattaca", cette nouvelle série d’Arte, "Real Humans" combine avec intelligence le thriller, le drame et la comédie sociale. Donc les Hubots (contraction de Human et Robot) sont là et comme ils ressemblent beaucoup à des humains certains y perdent leur latin. Dès le premier épisode l’une des desperate housewives décide de plaquer son mari pour vivre avec Rick, son hubot, qui en plus de son aimable figure (le hubot a toujours 25 ans) est un parfait professeur de gymnastique qui astique la vaisselle comme un dieu. Le mari en question qui supporte déjà difficilement un déferlement de hubots dans son usine, prend forcément mal que l’un d’entre eux lui pique sa femme. La révolte de certains humains s’enclenche.

D’autant que grâce à l’ingéniosité de certains hackers, on peut aussi, bien que cela soit formellement interdit, débrider les hubots qui se prennent à avoir une certaine autonomie, des émotions, voire une disponibilité sexuelle fort distrayante. Surtout, ils sont désormais libérés de la fameuse loi de Asimov (du nom de l’écrivain de science-fiction) qui implique qu’un robot ne doit jamais faire de mal à un humain.

Ces débridés sont réunis dans une petite troupe de Hubots qui bat la campagne pour lutter contre le traitement dégradant dont ils s’estiment victimes de la part des humains. Les robots créés par les humains doivent-ils être traité humainement ? C’est la question qui se pose très concrètement à La famille Engman, la famille Ikea, avec sa mère avocate au grand cœur, son père rationnel, sa fille ado rebelle et son teenager en proie à ses premiers émois amoureux. A travers la question des robots, la série aborde ainsi toutes sortes de questions de société qui se pose à une communauté humaine : l’acceptation de l’autre, le couple, le traitement de la différence, la religion...

Au-delà de l’intérêt du scénario, la réalisation est particulièrement réussie. Car ce ne sont pas des machines qui jouent le rôle des robots mais bien des acteurs. Le réalisateur Lars Lundström avoue avoir particulièrement soigné le jeu de ceux qui prête leurs corps à des Hubots : "au départ, les mouvements étaient très saccadés, faisaient justement trop 'robot', et quand les hubots interagissaient ainsi avec les humains, en particulier dans les scènes de dialogue, c’était très ennuyeux à regarder. C’était trop saccadé, trop carré. Nous avons finalement travaillé avec un artiste mime, pour apprendre à bien décomposer les mouvements, et ensuite à les recomposer de façon fluide." Le résultat est étonnant.

Anne-Sophie Bellaiche

"Real Humans", sur Arte, tous les jeudis soirs deux épisodes, à partir du 4 avril.

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