Les réseaux d'anciens Comptez sur eux
Le 20 novembre 2008 par Camille Harel | L'Usine Nouvelle n° 3124HSRares sont les écoles qui ne s'appuient pas sur leur réseau d'anciens. Etudiants et jeunes diplômés sont fréquemment amenés à rencontrer leurs aînés, qui peuvent leur ouvrir certaines portes pour le premier emploi.
M anifestations, journées des métiers, tutorats : les occasions d'intégrer un réseau sont nombreuses. Si les étudiants ont quelques années pour rencontrer les anciens, le but est de sortir de leur école avec un réseau déjà un peu constitué. Encore faut-il être bien informé. Car la pratique du réseautage n'est pas forcément connue des élèves et « se développe moins que dans les pays anglo-saxons », indique Claire Paponneau, la présidente de l'association des anciens élèves de l'Institut Telecom ParisTech.
C'est pourtant à l'occasion d'une de ces manifestations que Perrine Lombard, diplômée en 2006 d'HEI (Hautes études d'ingénieur) a trouvé son premier emploi : « J'ai rencontré une ancienne de l'école et je lui ai exposé mon projet professionnel. Elle m'a donné les coordonnées de managers qu'elle connaissait et dont les domaines d'activité correspondaient à mon projet. » En janvier 2007, elle est embauchée chez Devalck Consultant à Bruxelles, en tant que consultante en industrie pharmaceutique. Donner un coup de pouce aux jeunes diplômés est également le credo de l'Institut Telecom ParisTech. Godefroy Beauvallet, responsable des ingénieurs du corps interministériel des Télécommuni-cations, explique : « Nous créons des occasions pour que les jeunes rencontres les anciens mais l'élève reste l'acteur de sa carrière. »
Loin de garantir une embauche, le réseau est cependant utile pour aider les jeunes diplômés en recherche d'emploi, avec des opérations de parrainage par exemple. A l'Institut supérieur d'agriculture de Lille (ISA) ou à Polytechnique, les objectifs sont doubles : délivrer des conseils et faire jouer son carnet d'adresses. Virginie Dehouck, sortie de l'ISA en 2007, a fait appel à l'opération de parrainage proposée par l'école. « Ma marraine [NDLR : Sophie Delemazure, promotion 1997] m'a conseillée et a revu mon C.V. Ça m'a redonné confiance. » En effet, le binôme n'a pas duré longtemps. Deux mois après leur première rencontre, Virginie Dehouck était embauchée chez Quality Assistance en Belgique en tant qu'analyste en biologie moléculaire.
Des associations inter-écoles
Outre ces actions, les réseaux ouvrent également de nouveaux horizons. Se regroupant par secteur d'activité ou par domaine professionnel, comme « Industrie » ou « Transports » à l'Ecole des ponts et chaussées, des associations forment en effet des groupes inter-écoles : X-M-P Entre-preneur (anciens des écoles des Mi-nes Paris, Nancy, Saint-Etienne, Polytechnique, Ponts et Chaussées, Supaéro et Telecom), mais également X-Mines Consult avec des anciens de l'Ecole polytechnique, des Mines (Paris, Nancy, Saint-Etienne), des Ponts et Chaussées et de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae). Les femmes ingénieurs en ont tiré parti. Créant des réseaux interdisciplinaires, les anciennes des écoles d'ingénieurs aident les femmes actives à organiser leur carrière et à concilier vie personnelle et vie professionnelle. Neuf associations féminines, issues des grandes écoles, dont Centrale Paris, Ponts et Chaussées, Mines et Polytechnique, font partie du groupe Grandes écoles au féminin (GEF).
Les entreprises, elles aussi, surfent sur le « networking ». Parmi elles, les SSII qui en profitent pour lancer des vagues de recrutement, via le système de cooptation, une opération très en vogue. De nombreux anciens élèves d'écoles d'ingénieurs, appelés « campus managers », se rendent à la demande de leur entreprise et de l'école sur leur ancien campus à la rencontre des étudiants. Actuellement chez Assystem, Nicolas Raxach, sorti en 2007 de l'Ecole nationale supérieure des arts et métiers (Ensam), anime des soirées une fois par mois, depuis début 2008, sur le campus de son ancienne école afin de faire connaître son entreprise et sa profession aux étudiants. « Le réseau de l'école est fort et très actif. On connaît toute la promotion », explique-t-il. Ingénieur d'étude en sûreté nucléaire depuis janvier 2008, il a déjà coopté une vingtaine d'élèves. Thibault Mellinger, diplômé de l'Ensam en 2008, est entré chez Assystem, en tant qu'ingénieur consultant en énergie conventionnelle, grâce aux interventions de Nicolas Raxach. « Un forum a été organisé à l'Ensam pour présenter Assystem et ses métiers. Ceux qui étaient intéressés ont pu participer à une réunion en plus petit comité avec des managers et des membres des ressources humaines. C'était l'occasion de discuter de notre projet et de déposer nos C.V. J'ai ensuite été recontacté pour passer un entretien et j'ai intégré le groupe. » Si le réseau permet de faire rencontrer étudiants et entreprises, les cooptés sont unanimes : il ne s'agit pas de piston. Juste un coup de pouce ! .











