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Les relocalisations, au cœur des Etats Généraux de l’industrie

Par Matthieu Maury - Publié le
Ligne de production de barres céréales
© D.R.

Le ministre de l’industrie propose une prime à la relocalisation, les industriels et les économistes préconisent plutôt un accompagnement et des investissements structurels.

Quelques jours après la polémique Renault et son projet de délocalisation de la Clio en Turquie, les Etats Généraux de l’industrie touchent à leur fin. Mis en avant par Christian Estrosi dès l’ouverture de la grande consultation, le thème des relocalisations et son corollaire, la compétitivité hexagonale, ont dominé les débats. Le ministre de l’Industrie propose une prime pour inciter les entreprises de moins de 5 000 salariés à rapatrier leurs activités sur le territoire national. Dans le cadre du grand emprunt, près de 185 millions d’euros devraient être consacrés à la relocalisation.

Mais, pour le Comité national des Etats Généraux de l'industrie (CNEGI), les subventions ne constituent pas une solution miracle. Il faut « aider les entreprises à étudier leur projet de relocalisation, à valider sa faisabilité et à réaliser les investissements productifs et les créations d'emplois. Nous sommes extrêmement sceptiques sur les aides financières », souligne Yvon Jacob, membre du CNEGI, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) et de la Fédération des industries mécaniques (FIM).

Une relocalisation pour dix délocalisations

Les économistes montrent également leur scepticisme à l’égard d’une prime. Professeur d'économie à l'université de Grenoble 2, Jean-Pierre Chanteau, stigmatise les effets d’aubaine auprès de l’AFP. « Les entreprises qui relocalisent le font dans leur intérêt, c'est pour cela qu'une prime n'a pas grand sens ». Pour El Mouhoub Mouhoud, professeur à l'université de Paris Dauphine, il est plus efficace de créer des conditions favorables dans les bassins d’emploi, en augmentant les niveaux de qualification et en investissant dans les transports, les télécommunications. Cela favoriserait les relocalisations et freinerait les délocalisations. Mais selon lui, le rapatriement d’activités ne créera pas beaucoup d’emplois, car les entreprises doivent automatiser la production pour réduire les coûts et rester compétitives.

La qualité, les délais de livraison, la productivité, l’inflation des coûts de transport, voire la proximité d’un donneur d’ordres, représentent les principales motivations d’une relocalisation en France. Ces dernières années, le spécialiste des arts de la table Geneviève Lethu, le fabricant de jouets Smoby, l’industriel Gantois ou encore le distributeur de lunettes Atol ont suivi ce mouvement encore largement minoritaire. El Mouhoub Mouhoud estime qu’il existe dix délocalisations pour seulement une relocalisation.
 

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1 réaction

Sprom | 26/01/2010 - 21H51

Ressortir les projets de développement restés dans les cartons depuis la délocalisation .
Constituer des Maillons des Juniors ,Industrie + Ecole tels qu'expérimentés en1995

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