François Hollande a annoncé lors de son discours devant le Cese que la banque publique d’investissement est selon lui une nouvelle étape de la décentralisation.
Devant les membres du Cese réunis en séance plénière à Paris et en présence de plusieurs ministres dont le Premier d’entre eux, Jean-Marc Ayrault, le président de la République a assuré qu’il croyait en l’industrie. "Nous avons besoin de production, c’est tout le sens de la banque publique d’investissement", a-t-il déclaré.
Il a ajouté notamment que le gouvernement allait veiller de près à ce que les régions soient associés à la gestion de la BPI.
"Mais nous devons faire le clair sur les différents niveaux d'administration, sur les modes de financement, a-t-il noté. Nous devons donner une plus grande lisibilité à notre organisation territoriale et confier d'avantage de responsabilités à celles et ceux qui sont au plus près de nos concitoyens".
Selon lui, les régions doivent avoir davantage de moyens pour l’intervention en matière de transports, de formation professionnelle. Mais les départements eux doivent se tourner autour des politiques de solidarité et de proximité. "Les métropoles, les agglomérations, doivent être des leviers de croissance, des territoires, à condition qu'on leur apporte confiance, qui peuvent être des facteurs de mobilisation", a ajouté le président.
En débat
La création de la Banque publique d'investissement est le "premier des 60 engagements" du président Hollande avant son élection.
La place à accorder aux régions dans la gestion de la future banque publique d’investissement fait cependant l’objet de débat au sein du gouvernement. Jusqu’où pousser la décentralisation ? Selon une des pistes privilégiées, les régions devraient être représentées au niveau de la holding de la banque publique et associées à la gouvernance. Une piste qui s’inspire de l’exemple d’Oséo Bretagne. Pour des raisons historiques, la région Bretagne est présente au capital de la banque des PME et le président du conseil régional siége au conseil d’administration à Paris. "C’est une formule qui pourrait être dupliquée avec les 21 autres régions, car cela nous donne une proximité très forte avec la région", juge-t-on chez Oséo.
Arnaud Montebourg, lui pencherait pour une implication plus forte des régions dans la gestion de la banque. "Nous pourrions, pourquoi pas, imaginer des banques autonomes sur le plan régional qui ressembleraient aux banques existant dans les länder allemands, a assuré le ministre du redressement productif dans une interview à L’Usine Nouvelle. Nous avons besoin d’une BPI qui finance à la fois les orientations stratégiques de la puissance publique. Mais il faut aussi éviter qu’elle ne soit un mammouth étatique centralisé". La mission de préfiguration de la banque publique d’investissement ne doit rendre ses recommandations que juillet.
Solène Davesne et Barbara Leblanc









