Les recettes compliquent la donne budgétaire

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PARIS (Reuters) - Croissance morne et déficits accrus: les indicateurs économiques publiés vendredi témoignent des difficultés de l'exercice de préparation du budget 2014 que le gouvernement français vient de lancer.

D'un côté, la Banque de France a confirmé qu'elle anticipait une hausse limitée à 0,1% du PIB au 1er trimestre 2013, après le recul de 0,3% enregistré au 4e trimestre 2012.

De l'autre, le ministère du Budget a annoncé un déficit budgétaire en hausse de 0,3 milliard sur le mois de janvier, à 12,8 milliards d'euros, du fait d'une baisse des rentrées fiscales que la forte hausse des prélèvements n'a pas permis de compenser.

La faute en incombe à la TVA, la principale recette fiscale de l'Etat, dont le produit net a diminué de 4,4% sur le mois, ce qui témoigne du marasme de la consommation.

Même s'il est difficile d'extrapoler les résultats d'un seul mois, ces chiffres sont de mauvais augure pour les déficits.

"Si on garde le même rythme de TVA, cela peut nous coûter cher, 0,7 point de déficit à la fin de l'année", prédit Ludovic Subran, économiste de l'assureur crédit Euler Hermes.

Les mauvais chiffres de la consommation (-0,8% en janvier pour la consommation de biens, selon l'Insee) expliquent sans doute pour une bonne part cet écart important sur les recettes de TVA.

Denis Ferrand, directeur général de l'institut COE-Rexecode, n'exclut pas que l'Etat ait été confrontée à une accélération des demandes de remboursement de TVA des entreprises, qui se débattent actuellement avec des trésoreries tendues.

"On a actuellement un nombre d'entreprises qui demandent des délais pour le paiement des cotisations Urssaf supérieur à celui que l'on a vu en 2008/2009, c'est révélateur d'une situation de fragilité où tout ce qui peut être une non sortie de dépenses ou une accélération de recettes est bienvenue", dit-il.

"La TVA peut être un levier qui permet temporairement de lisser des chocs de trésorerie."

Plus généralement, Ludovic Subran estime que qu'"on commence à toucher du doigt la limite de la force française à lever de l'impôt".

"On se rend compte qu'on n'arrive pas à prélever autant que ce que l'on aurait pu imaginer parce qu'il y a des comportements parallèles qui se développent chez les ménages et les entreprises."

"En temps normal, la composante des classes 'moyennes et plus', avec sa consommation incompressible, permet de maintenir le niveau de TVA. C'est rare de voir des baisses aussi nettes au mois le mois. Cela monterait donc que la classe moyenne aussi est affectée par le manque de confiance", explique-t-il.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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