Les propos de François Baroin sur l'emploi pris à la lettre
Par Rémy Maucourt - Publié le
Le ministre de l'Economie affirmait mercredi qu'il n'y aurait pas de suppressions d'emploi là où l'Etat est actionnaire. Les syndicats de plusieurs entreprises ont décidé de le prendre au mot.
"L'Etat a fixé une ligne très claire, là où l'Etat est actionnaire, là où directement ou indirectement, de près ou de loin, il a son mot à dire, l'emploi ne sera pas une variable d'ajustement" déclarait François Baroin mercredi à l'assemblée, faisant référence à l'actualité sociale de PSA et d'Areva.
Mais l'Etat est actionnaire de plusieurs autres entreprises, dont certaines connaissent également des tensions sociales. Les propos du ministre ont donc été très remarqués.
Le syndicat CFDT de DCNS, groupe de construction navale détenu à 75% par l'Etat français, a dit "prendre M. Baroin au mot". En conséquence, il demande au ministre "de passer de la parole aux actes en n'autorisant pas le plan de départs prévu à DCNS", qui concerne 150 à 200 ouvriers d'Etat du groupe d'ici 2012.
A la Poste, société anonyme à capitaux publics, le syndicat Force ouvrière (FO) a bien compris le message : "aucune suppression d'emploi ne devra intervenir jusqu'à nouvel ordre, dans les entreprises dont l'Etat détient la majorité du capital". FO "demande donc qu'en vertu des injonctions gouvernementales, tout départ de postier (retraite ou autre) soit compensé par une embauche". Près de 11 700 postes ont été supprimés en 2010 et 6 759 au 1er semestre 2011 au sein du groupe.
A la SNCF, on a également remarqué les déclarations du ministre. Gilbert Garrel, secrétaire général de la CGT-cheminots, affirme que "c'est une très bonne nouvelle pour les cheminots". La SNCF supprime chaque année des postes à la faveur de départs en retraite non remplacés.

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