Les projets de Montebourg pour la téléphonie font débat

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© Johan Larsson - Flickr - C.C.

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, entend prendre des mesures de soutien aux opérateurs de téléphonie mobile pour éviter des licenciements dans le secteur. L'objectif notamment est de relocaliser certains emplois. Ces mesures divisent la classe politique, partagée entre intérêt des consommateurs et protection de l'emploi.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg doit présenter à la rentrée une série de mesures pour éviter des coupes dans les effectifs chez les opérateurs historiques. SFR, filiale de Vivendi et Bouygues Telecom ont tous les deux annoncé des plans de départ volontaires pour faire face à des conditions économiques plus difficiles et à l'arrivée de Free sur le marché du mobile.

Le gouvernement envisage notamment un assouplissement de la loi Chatel, qui comporte plusieurs mesures de protection des consommateurs. Parmi elles, la possibilité, au bout d'un an d'engagement, de résilier son contrat en s'acquittant de seulement 25% des montants restant dus à l'opérateur.

Arnaud Montebourg a par ailleurs suggéré aux dirigeants des opérateurs de télécoms de transférer en France l'intégralité de leurs centres d'appels, dont une part importante est délocalisée au Maroc et en Tunisie.

Des pistes vivement critiquées par Luc Chatel, qui fut secrétaire d'Etat UMP à la Consommation. "Le gouvernement veut prendre les consommateurs en otage (...) (et il) se retrouve dans une situation absurde : les socialistes défendent les intérêts des grands opérateurs face aux consommateurs", déclare-t-il lundi dans un entretien au Parisien. "Le vrai débat, c'est celui de la compétitivité des entreprises françaises. C'est parce que le coût du travail est plus cher en France qu'ailleurs que le secteur des télécoms délocalise ses centres d'appels depuis des années", ajoute-t-il.

"Le juste prix"

L'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile a entraîné une baisse du chiffre d'affaires et des marges des opérateurs historiques. Pour Luc Chatel, son arrivée sur le marché a été "une bonne chose". Conjuguée à la loi Chatel, elle se serait d'après lui traduite par une baisse des prix de 18%.

Mais plus que la défense du consommateur, la lutte contre le chômage est devenue la priorité des pouvoirs publics. "Pour le gouvernement, la concurrence doit trouver sa limite dans la conservation de l'emploi", déclarait récemment Arnaud Montebourg.

Une position défendue lundi sur RTL par Bruno Le Roux, patron des députés socialistes à l'Assemblée nationale. Le discours de Luc Chatel "est le discours de la démission, c'est le discours de ceux qui, parce qu'ils n'ont rien fait, voudraient que le gouvernement ne fasse rien", a-t-il estimé. Et si les mesures gouvernementales devaient entraîner une hausse des coûts pour les consommateurs, "c'est pas payer plus cher, c'est payer un prix qui permette en même temps d'être le juste prix et qui permette de maintenir nos activités".


Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à... par rtl-fr

Se démarquant de Luc Chatel, le député UMP des Yvelines Henri Guaino a plutôt soutenu l'idée de faire payer aux consommateurs un prix plus élevé pour maintenir l'emploi en France. "La question quand même est de savoir si on fait l'Europe des consommateurs ou l'Europe des producteurs, parce que le consommateur, quand il n'a plus de travail, quand il n'a plus d'emploi, il consomme beaucoup moins", a-t-il déclaré sur BFM-TV et RMC. "Oui, il y a l'intérêt du consommateur, mais il y a aussi l'intérêt du travailleur, l'intérêt du salarié, qui est lui-même consommateur", a-t-il ajouté.

Avec Reuters, par Chine Labbé

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3 réactions

francoiseugene | 23/07/2012 - 19H44

Le PS dans son ensemble est contre le progrès; si la machine à coudre était inventée aujourd'hui, le PS l'interdirait car cela supprimerait les emplois de couturière... Le PS est pour la décroissance, et pire la régression. Tous les pays +, sauf l'ex URSS et Cuba aujourd'hui ont compris que favoriser le consommateur était aller dans le sens du progrès parce que cela oblige les entreprises à innover et à être performantes. Le PS espère transformer les consommateurs français exigeants en "usagers" qui devront se contenter de ce qu'on leur donnera; et tant pis pour le pouvoir d'achat. Ce que dit Bruno Le Roux est un tissu d'aneries pontifiantes qui ne tromperont que les crétins, mais qui réduiroont le pouvoir d'achat de tous.

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Yannan | 23/07/2012 - 15H36

il est important de mesurer les dégats de Free Mobil sur le marché, en terme d’emploi, certes, mais aussi en matière technique. Quand par exemples Bouygues Telecom a investi lourdement dans la couverture réseau et dans l’innovation, il est difficile de voir tous ces efforts balayés au nom de la concurrence. En plus celle-ci n’est même pas respectée car tous les opérateurs ne sont pas logés à la même enseigne et Free a bénéficié de conditions en or que les autres n’ont pas eues !!

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zelectron | 23/07/2012 - 14H28

redressement productif*: mesures prises au détriment des consommateurs, comme toujours chez les socialistes ...
*productif d'impôts et taxes pour gonfler les effectifs des fonctionnaires favorables à ce gouvernement.

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