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Les producteurs de nanotubes prennent date pour 2010

Par THIERRY LUCAS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3132

Les pionniers des nanotubes de carbone vont construire des usines de centaines de tonnes par an, misant sur un accroissement de la demande.

En produire quelques dizaines de tonnes par an, c'était déjà une performance pour un produit considéré comme une curiosité de laboratoire. Mais le développement industriel des nanotubes de carbone bénéficie d'un coup d'accélérateur en ce début d'année, avec l'annonce quasi simultanée de la mise en chantier d'usines de plusieurs centaines de tonnes par an. Chez le japonais Showa Denko, qui avait déjà franchi le cap des 100 tonnes en 2007, c'est une unité de 400 tonnes qui doit démarrer en 2010. Bayer lance de son côté un projet de 200 tonnes par an, soit plus de trois fois sa capacité actuelle.

Quant au français Arkema, après un pilote de 20 tonnes installé à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) en 2006, il brûle les étapes et projette d'installer une unité de 400 tonnes à Mont, près de Lacq. Sa construction est « quasiment décidée », selon Jean-Marc Corpart, le responsable du développement de l'activité nanotubes de carbone chez Arkema.

Les nanotubes, molécules de carbone cylindriques, sont notamment utilisés comme additifs dans des plastiques pour les rendre conducteurs - première application dans l'automobile et l'électronique - ou pour renforcer leur résistance mécanique (pièces de carrosserie, pales d'éoliennes, équipements de sport...). C'est parce qu'ils misent sur ces développements en cours que les chimistes s'apprêtent à gonfler leurs capacités. La demande mondiale pourrait croître de 25 % par an, pour atteindre 2 milliards de dollars dans dix ans, estime-t-on chez Bayer. A condition de stimuler et structurer des marchés encore émergents.

LES ALLIANCES SE METTENT EN PLACE

Ainsi, le jour même de l'annonce du projet de Bayer, le 26 janvier dernier, était lancé Inno.CNT, une alliance germanique de 70 partenaires, industriels et chercheurs, chargée de développer des applications des nanotubes. Son budget de 80 millions d'euros est financé pour moitié par le gouvernement allemand. Dans le même but, Arkema fédère 16 partenaires au sein du projet Genesis (107 millions d'euros sur cinq ans, avec une aide française de 46 millions). Showa Denko a pour sa part choisi de signer des accords croisés avec le numéro 1 américain du secteur, Hyperion, qui détient des brevets sur des formulations de nanotubes destinées aux marchés de l'automobile et de l'électronique.

Prochaine étape ? Des usines de plusieurs milliers de tonnes par an... En attendant, le nanotube de carbone perd peu à peu son image de produit de luxe : vendu entre 300 et 500 euros le kilogramme en 2006, son prix est aujourd'hui tombé à environ 100 euros. Les producteurs, avec leurs nouvelles capacités, visent un prix moyen de 50 euros le kilogramme. .

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