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Les problèmes techniques de NYSE Euronext inquiètent et agacent

Publié le

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - L'accumulation des incidents chez NYSE Euronext depuis juin inquiètent et agacent de plus en plus les investisseurs, qui n'hésitent pas à recourir aux plateformes boursières alternatives pour effectuer leurs transactions.

L'opérateur boursier transatlantique a subi en Europe huit problèmes techniques entre juin et octobre, ayant entraîné la suspension de diffusion de ses indices boursiers, dont le CAC 40, une ouverture de Bourse retardée, ou l'annulation de certaines transactions.

Ces problèmes techniques résultent en partie de changements importants réalisés dans les systèmes d'information de NYSE Euronext, et de l'importance des volumes de transactions traités (50 à 100 millions de transactions quotidiennes).

"Nous avons beau prendre un très grand nombre de précautions en termes de développements et de tests préalablement à la mise en production des nouveaux systèmes lorsque nous changeons des systèmes d'information - qui sont extrêmement sophistiqués - nous augmentons les risques d'avoir des incidents", a déclaré à Reuters Fabrice Peresse, responsable des opérations sur les marchés au comptant européens de NYSE Euronext.

Pour autant, le collège des régulateurs européens, avec lequel NYSE Euronext discute tous les mois, suit de très près les problèmes rencontrés par l'opérateur boursier qui devrait être en mesure d'y faire face, soulignent des analystes.

"PRÉJUDICIABLE"

"L'AMF est particulièrement vigilante à la résilience des systèmes d'Euronext et suit donc avec attention les incidents au côté de l'autorité de contrôle prudentielle", souligne une porte-parole de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Du côté des investisseurs, les gérants indiciels se montrent particulièrement irrités par les interruptions de diffusion d'indices de NYSE Euronext, leurs produits devant être comparés quotidiennement à leur indice de référence.

"Nous devons pallier nous-mêmes aux différents incidents du fournisseur d'indice afin de délivrer à nos clients, sans différence de qualité, les produits valorisés et contrôlés dans les temps requis", souligne l'un deux sous couvert d'anonymat.

Conséquence, certains investisseurs sont tentés de travailler avec les plateformes boursières alternatives comme les MTF (Multilateral Trading Facility).

"Les incidents de NYSE Euronext, c'est préjudiciable pour eux, car s'ils ne sont pas en mesure d'afficher un prix au moment où l'on souhaite passer un ordre, les clients vont voir ailleurs", indique Frédéric Jamet, directeur de la Gestion chez State Street Global Advisors France.

Depuis le début de l'année, les plateformes comme Turquoise, Bats et Chi-X n'ont cessé de prendre des parts de marché aux opérateurs boursiers traditionnels en Europe.

LA TECHNOLOGIE ALLEMANDE POURRAIT ÊTRE PRÉFÉRÉE

Selon des données Thomson Reuters, la part de marché cumulée de Turquoise, Bats et Chi-X est ainsi passée de 26,99% en janvier à 31,76% en septembre, quand dans le même temps celle d'Euronext s'effritait de 15,23% à 14,31% et celle du London Stock Exchange (LSE) de 19,16% à 15,59%.

"Sachant que la plupart des incidents rencontrés n'ont pas affecté le fonctionnement de la cotation, ou bien ont été limités dans leur durée, nous n'avons pas souffert d'un transfert de liquidité vers d'autres plateformes de négociation et nous sommes restés le marché de référence en matière de formation des prix", assure cependant Fabrice Peresse.

NYSE Euronext n'est pas le seul à connaître pareille mésaventure, le LSE a ainsi dû suspendre ses cotations pendant plusieurs heures à la fin du mois de février.

Mais les ennuis de l'opérateur boursier transatlantique retiennent davantage l'attention compte tenu de son importance -NYSE Euronext surveillant les transactions réalisées sur les marchés au comptant de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne - et de son projet de fusion avec Deutsche Börse.

Des analystes estiment qu'étant donné cette accumulation d'incidents, la technologie allemande pourrait être préférée à la française dans le cadre de cette fusion.

"S'il existe une meilleure solution chez Deutsche Börse qui permette de résoudre ces problèmes, cela sera pris en compte", estime Chris Allen, analyste chez Evercore Partners, précisant n'avoir aucun intérêt chez NYSE Euronext.

édité par Jean-Michel Bélot

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