"Les problèmes de Petroplus sont dus à une surcapacité de production européenne"
Par Morgane Remy - Publié le
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Petroplus à Petit-Couronne : vers la réquisition ? Petroplus à la recherche d’une solution alternative pour sa survieUne réunion de crise avait lieu ce jeudi matin, 5 janvier, avec le gouvernement et la direction de Petroplus, à Paris. L’enjeu est de trouver un moyen de garantir l’activité du raffineur suisse, en particulier à Petit-Couronne, en Seine-Maritime. Une solution avec un autre raffineur serait à l’étude. Interrogé par L’Usine Nouvelle, Jean-Louis Schilansky, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), se montre peu optimiste.
L'Usine Nouvelle - Les problèmes de Petroplus sont-ils représentatifs d’un problème concernant le raffinage à l’échelle européenne ?
Jean-Louis Schilansky - Tout à fait. Il y a une surcapacité d’environ 15%. Nous avons 115 raffineries en Europe. Il y en a de 15 à 18 de trop. En Europe, déjà sept raffineries ont été mises à l’arrêt depuis 2009. Ce qui se passe à la raffinerie Petroplus à Petit-Couronne n’est que le reflet de cette réalité. Ce n’est donc pas étonnant que les banquiers soient inquiets pour l’avenir de cette raffinerie.
Vu l’envolée de la demande et, donc des prix du pétrole, comment pouvons-nous être en surcapacité ?
Le raffinage en France a été déficitaire de 800 millions d’euros. Ce sera pareil pour l’année 2011. La situation est paradoxale. Le prix du brut est élevé, au dessus de 100 dollars le baril, avec des tensions pour l’approvisionnement sur le marché mondial. Mais chaque région économique gère son raffinage et la capacité de transformation de pétrole brut est excédentaire en Europe. Il y a une surcapacité de transformation, indépendante des cours du baril.
Ne peut-on pas exporter ce surplus ?
La fenêtre d’exportation n’est pas immense car chaque pays a sa propre capacité de raffinage. De plus la marge issue de cette transformation est peu élevée, c’est-à-dire que le différentiel entre le prix du pétrole brut et le prix de revente du pétrole raffiné est faible. La marge brute est écrasée par les prix des matières premières.
Les syndicats de Petroplus en appellent aux Etats pour éviter des fermetures de sites. De quelle marge de manœuvre disposent les pouvoirs publics ?
Une infirme marge de manœuvre. L’excédent de capacité de raffinage ne peut être résolu que par la fermeture de site. Si l’on impose des taxes à l’importation de pétrole raffiné pour protéger les raffineries, on en paiera autant en exportation. Cela ne ressouderait rien.
Pourquoi Petroplus - et pas une autre raffinerie - est-il touchée par ce problème européen ?
C’est principalement une question de taille, d’économie d’échelle. Comme dans toutes les installations industrielles, la taille permet d’améliorer la compétitivité (en abaissant les charges fixes par unité produite, Ndlr) du site. Même si la capacité de conversion compte, la taille est fondamentale. De plus en plus, l’efficacité énergétique est à prendre en compte.
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