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Les ports français d'Haropa entre déception en 2016 et bon espoir pour 2017

Pierre Monnier , , , ,

Publié le

Avec une baisse du trafic fluviale de 4,8%, les résultats 2016 d'Haropa ont été minés par une récolte céréalière en berne et des mouvements sociaux au printemps. Pourtant, les dirigeants des ports du Havre, de Rouen et de Paris semblent confiants pour l'année 2017 grâce à la mise en place de la plate-forme multimodale du Havre et la montée en puissance des chantiers du Grand Paris.

Les ports français d'Haropa entre déception en 2016 et bon espoir pour 2017 © HAROPA - Port du Havre

"Il y a ce qui est de l'ordre du politique, et ce qui nous concerne en tant que dirigeant d'établissement public." Il aura suffi d'une simple phrase d'Hervé Martel, le président d'Haropa, pour évincer toute question sur une éventuelle fusion des ports de Paris, de Rouen et du Havre, proposition lancée par les présidents des régions Normandie, Hervé Morin, et Ile-de-France, Valérie Pécresse. "Haropa a cinq ans, a éludé Hervé Martel. C'est encore jeune, et nous n'avons pas encore atteint l'âge de raison." Avant de se réjouir que "ce mode de gouvernance est souvent cité en exemple". Les directeurs généraux des ports de Paris, Rouen et Le Havre prennent à tour de rôle la présidence d'Haropa pour une année. "Un système qui n'est pas parfait, mais qui a le mérite d'exister", a conclu Hervé Martel, à la tête du regroupement pour l'année 2017. Tour de passe-passe réussi, sujet évité.

Pourtant, impossible d'éclipser les mauvais résultats de l'année 2016. Le volume des trafics d'Haropa est en chute de 4,8%, soit une perte de 4 millions de tonnes. Dans le détail, les vracs liquides s'établissent à 47,5 millions de tonnes, en baisse de 4,3%. Le trafic de conteneurs a chuté de 2,4% avec 2,6 millions d'équivalents vingt pieds (EVP), mais n'empêche pas le port du Havre d'atteindre son plus haut niveau historique avec 1,96 million d'EVP transportés depuis et vers la France. Seul secteur en hausse, le terminal roulier du Havre affiche une hausse de 5% avec 313 000 véhicules transportés.

Ces mauvais résultats s'expliquent par des mouvements sociaux au printemps sur le port du Havre, la crue de juin, avec une montée de six mètres de la Seine, et les arrêts partiels de la production des raffineries au premier semestre.

Plombé par les céréales, porté par le Grand Paris

Concernant le vrac solide, le bilan est mitigé en chute de 9,5% à 11,6 millions de tonnes. Ce domaine est tiré vers le bas par les céréales (-17%, à 6,8 millions de tonnes). "Le trafic 2016 a été en demi-teinte, explique Nicolas Occis, le directeur général du port de Rouen. Le premier semestre a été excellent, grâce à la récolte 2015 proche de notre record historique de 9 millions de tonnes, et le second très mauvais, proche de notre plus bas historique de 6,8 millions de tonnes." Un effet logique compte tenu de la mauvaise récolte 2016, qui ont vu à la fois qualité et quantité des céréales chuter. "La filière est capable de s'adapter quant à la qualité, précise Nicolas Occis. Nous ne vendons plus du blé meunier, mais du blé fourrager. Il n'ira pas vers l'Afrique du Nord, mais vers l'Asie du Sud-Est. Mais le problème de la quantité est fatal." Cependant, les engrais sont en hausse de 10,5% et les autres vracs agroalimentaires également de 11%.

Autre point de satisfaction pour le vrac solide, les agrégats augmentent de 6% avec 1,1 million de tonnes transportés. Ce type de transport est porté par les déblais de chantier du Grand Paris en forte hausse de 33 % (+ 1,1 million de tonnes). Avec 4,5 millions de tonnes de déblais transportés en 2016, La filière déchets de chantier atteint un record annuel en Ile-de-France. Cette tendance devrait rester intacte en 2017 puisqu'une convention signée en 2013 prévoit un encouragement des évacuations de déblais par voie d'eau dans le cadre des chantiers du Grand Paris. Deux terrains doivent accueillir des installations de caractérisation et de traitement de déblais de chantier qui entreront en service dès la fin de l'année : l'un de 3,3 hectares à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), l'autre de 14 hectares sur le port de Bruyères-sur-Oise (Val-d'Oise). Le partenariat avec la société du Grand Paris a pour objectif d'absorber par voie fluviale un maximum des 43 millions de tonnes de déblais prévus sur les 15 prochaines années.

Le terminal multimodal sur la bonne voie

Autre point positif, "La plate-forme multimodale du Havre est devenue pleinement opérationnelle", s'est réjoui Hervé Martel. Toujours en période d'observation jusqu'au 23 avril dans le cadre de son redressement judiciaire, le terminal havrais devrait sortir de cette situation lors du prochain passage au tribunal estimé entre "fin mars et début avril" par Haropa. "Je ne voudrais pas crier victoire trop vite, mais tous les opérateurs de transport combiné ferroviaires et fluviaux ayant basculé leur activité sur le terminal, les conditions sont réunies pour que l’activité se développe", a conclu le président d'Haropa.

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