Les pôles de compétitivité doivent se rapprocher des marchés
Par Aurélie Barbaux - Publié le
Le gouvernement va financer 83 nouveaux projets collaboratifs de R&D, émanant de 52 pôles de compétitivité, pour un montant total de 76 M€. Avec une nouveauté : la sélection a pris en compte les perspectives économiques des projets.
Depuis cinq ans, deux fois par an, c’est presque un rituel. Sept ministres font communiqué commun pour annoncer la liste des nouveaux projets collaboratifs de recherche et développement labellisés par les pôles des compétitivités, qui seront financés. Pour le onzième appel à projets, ce sont quelques 83 projets, émanant de 52 pôles, qui recevront une subvention de l’Etat pour une enveloppe totale 76 millions d’euros, puisé dans le fonds Unique interministériel (FUI) doté de 1,5 milliard d’euros sur quatre ans (2009-2012). Mais auxquels l’Etat à ajouté une enveloppe supplémentaire de 300 millions d’euros pour les projets de R&D dits « structurants » dans le cadre du programme d’investissements d’avenir. 80 millions d’euros y seront consacré dès 2011. Le premier appel à projet ayant été lancé en octobre 2010.
83 projets retenus...
En apparence, rien d’exceptionnel dans les résultats de ce onzième appel à projets. Le nombre de projets retenus est dans la lignée des appels de 2010, soit 83 projets retenus sur 185 projets présentés. La somme allouée aussi, même si depuis 2009, elle est en repli. Pour les trois premières années, l’enveloppe totale par appel tournant plutôt autour de 100 millions d’euros. Mais ce manque a gagné pour est en parti compensé par la mobilisation des collectivités territoriales et des fonds communautaires (FEDER), à hauteur de 56 M€.
…plus proches des marchés
En revanche, les critères de sélection avaient évolué, avec un poids plus important des perspectives économiques des projets : « Le groupe de travail interministériel (GTI) sélectionnera les meilleurs projets qui viseront un objectif d’excellence en matière d’innovation, mais également le développement de nouveaux produits ou services présentant des perspectives de marché significatives, bien définies, crédibles et étayées, ainsi que les retombées économiques concrètes (accroissement de chiffres d’affaires, créations de start-up ou de spin-off, création d’emplois) au-delà des seuls résultats en matière de procédés, prototypages, brevets, etc. » précise le site consacré aux Pôles.
Et demain, mieux présélectionnés
Les règles pourraient bien encore évoluer. Peut-être pas dès le douzième appel à projets, qui doit être lancé dans quelques jours. Mais Oséo, qui assure la gestion du FUI depuis un an, réclame plus d’efficacité. « Le processus est complexe et il y a trop de déchets. Sur les 200 projets présentés deux fois par an, les deux tiers sont recalés », explique François Drouin, P-DG d’Oséo. François Drouin qui voudrait donc travailler plus en amont avec les pôles pour que le tri soit plus sélectif à la base.
Il aimerait aussi intervenir au niveau des régions, qui ont parfois tendance à financer des projets pas assez aboutis. « Mais c’est compliqué. Il y a le poids des habitudes », reconnait François Drouin. Aucun calendrier, ni méthode n’ont été présentés par Oséo, mais l’objectif de plus de transparence et d’hominisation des processus est clairement avancé. Ce sera pourtant difficile. On compte en effet 71 pôles de compétitivité en France, rassemblant, à fin 2009, quelques 7200 établissements dont 6500 entreprises. Et chacun a son mode opératoire, pour monter les projets !

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