Les PME diversifient leurs sources de financements
Par Barbara Leblanc - Publié le
La dernière étude publiée par l’Insee le 18 novembre démontre que les entreprises françaises restent demandeuses de prêts. Mais elles cherchent aussi de plus en plus d’autres moyens pour se développer, notamment auprès des instances publiques.
62% des petites et moyennes entreprises françaises de plus de 10 salariés prévoient de rechercher des financements pour la période entre 2011 et 2013. C’est ce que révèle la dernière étude publiée par l’Insee et réalisée conjointement avec d’autres instituts en Europe à la fin de l’année 2010.
Entre 2007 et 2010, les prévisions de demandes de financements ont donc progressé, passant de 42% à 62%. Un phénomène qui va se poursuivre encore avec la prise en compte de la crise actuelle, selon l’Insee. Dans l’industrie, la demande est d’autant plus forte, que les investissements sont plus lourds que dans d’autres domaines, précise Louis de Gimel, responsable à l'Insee.
Diversification
Plus précisément, si les PME continuent à adresser des demandes de prêt aux banques notamment (de 33% en 2007 à 37% en 2010), elles s’orientent aussi vers d’autres sources de financement, comprenant notamment les prêts au secteur public et les découverts bancaires. C’est cette catégorie qui augmente le plus entre 2007 et 2010 (de 19 à 26%). "Lorsque que la croissance économique est moins forte, les entreprises sont encore moins assurées de pouvoir financer leurs investissements via leurs propres fonds, explique Louis De Gimel. Les entreprises cherchent donc à diversifier leurs financements. C'est particulièrement le cas de celles qui sont en forte croissance et qui souhaitent se développer. Tout est question d’équilibre entre ce que l’on a la capacité de financer et les ressources externes".
Les PME françaises ne sont pas les seules à diversifier leurs sources de financement. Le phénomène est européen. Et selon l’expert de l’Insee, les PME en France et en Allemagne ont l’avantage de se voir accorder plus facilement leurs financements que dans d’autres pays, notamment le Royaume-Uni et l’Espagne. Par exemple, la part des PME s’étant vue refuser totalement leurs demandes de financement est passée de 2 à 7% entre 2007 et 2010 en France, mais de 5,6% à 20,8% au Royaume-Uni.
Inquiétude pour la croissance
Malgré une proportion croissante de recherche de financements, les PME estiment que la question de l’accès au financement n’est pas la plus préoccupante pour elles. Elles sont 8% à citer le manque de financement parmi les cinq facteurs qui devraient limiter le plus leur croissance d'ici 2013. En revanche presque 80% citent l'état général de l'économie, 54% la concurrence sur les prix et la faiblesse des marges, près de 40% le coût élevé du travail, 28% la difficulté à trouver du personnel qualifié, 28% la demande faible sur le marché intérieur. "C’est logique, car ce qui inquiète avant tout les PME, c’est qu’il y ait de la croissance dans le pays, et que leurs clients puissent acheter, estime l’expert de l’Insee. Quand une entreprise va moins bien, elle pense moins à se développer et donc à investir, elle a donc moins besoin de financements".

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