Les PME devraient conquérir le "big world"
Par Astrid Gouzik - Publié le
Dans un monde globalisé, les petites et moyennes entreprises (PME) doivent s’armer pour affronter la concurrence des économies émergentes. Dans son étude "Small Business,Big World – un nouveau partenariat pour aider les PME à exploiter les possibilités du marché mondial", publiée mercredi 9 novembre, la Commission européenne essaie de fournir des clés pour ouvrir les portes du marché mondial aux PME.
Le constat de la Commission européenne est manifeste : les PME européennes dépendent encore trop de leurs marchés intérieurs. Elles devraient pourtant profiter des perspectives offertes par les marchés émergents à croissance rapide, notamment en Chine, en Inde, en Russie et dans des régions telles que l’Asie du Sud Est et l’Amérique latine. Comment les aider à profiter des ces opportunités et de la mondialisation au sens large ?
La Commission développe 6 axes pour aider les PME à étendre leurs activités hors de l’Europe et ainsi enclencher un nouveau dynamisme pour l’économie européenne. Tout d’abord, elle propose de renforcer le soutien au PME et de créer une passerelle unique pour l’information des PME. Puis elle propose d’harmoniser les différentes aides à l’échelle européenne afin de les rendre plus lisibles. Effectivement, 16% des PME sont conscientes des programmes publics de soutien à l'internationalisation. Seul un petit nombre de PME les utilise.
Le quatrième "champ d’action" concerne la promotion des clusters pour faciliter l’internationalisation des PME. Enfin cette nouvelle stratégie impliquerait de rationaliser les nouvelles activités dans les marchés prioritaires, et de s’appuyer sur des politiques extérieures existantes.
A l’international, les PME créent plus d’emplois
Et si la Commission européenne veut soutenir le développement des PME à l’international, c’est avant tout pour les nombreuses possibilités que cela offre. En effet, selon cette étude, les PME actives au niveau international créent davantage d’emploi (7% de croissance de l’emploi contre 1% pour les PME centrées sur le marché intérieur).
D’autre part, les PME internationales sont plus innovantes. 26% des PME actives au niveau international ont introduit, dans leur pays, des produits ou des services qui étaient nouveaux pour leur secteur. Pour les autres PME, ces innovations ne s’élèvent qu’à 8%.
Les freins à l’entreprenariat
Mais il n'y a pas qu'à l'international que la question de la dynamique des PME est primordiale. A l'échelle française aussi, l'entreprenariat préoccupe. L'association Créativallée publiait mardi 8 novembre un baromètre sur l'envie d'entreprendre des Français. Et chez les sondés, la température est tiède. 86% d'entre eux n’ont pas de projet de création d’entreprise.
La raison principale évoquée est la peur du changement. Viennent ensuite dans une mesure beaucoup plus faible : l’importance du risque financer (19%), l’absence d’intérêt pour l’entreprise (12%), l’absence d’esprit entrepreneurial(10%), et la complexité administrative et juridique (5%).
Cependant, l’association Créativallée précise qu’il existe des " différences notables, par rapport à ces moyennes nationales, chez les deux tranches d’âges les plus susceptibles de se lancer un jour dans la création d’entreprise, à savoir les moins de 35 ans et les 35-49 ans". Chez les plus jeunes, c’est le manque de confiance dans leur capacité à entreprendre qui prédomine. Pour la tranche d’âge supérieure, les principaux freins sont le risque financier et le besoin de stabilité.

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