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Les PME aussi, sont à Copenhague

Par Agathe Remoué - Publié le
Patrice Rollet
© DR

Aujourd’hui, à Copenhague, discrète parmi le mouvement brownien de cette conférence sur le climat, se tient une conférence sur les petites et moyennes entreprises. L’animateur de cet atelier, organisé avec la chambre de commerce internationale est Patrice Rollet. Le directeur général d’Inventec, une PME spécialisée dans la Chimie de performance (cent salariés) est un habitué des négociations internationales.

L'Usine Nouvelle: Trouvez vous que les PME sont trop absentes de ces débats ?

Patrice Rollet: Oui, on a toujours l’impression, dans ce genre de grands rassemblements, que les petites entreprises n’existent pas. Si, elles existent, et il faut davantage les mettre à contribution, notamment celles du Sud ! Et les intéresser à ces discussions. Les patrons des petites sociétés en ont assez des discours. Si ce qui sort de ce genre de débat leur parait fumeux, ils ne feront rien. Par contre, si le cadre est clair, il faut leur faire confiance : ils sauront voir les opportunités. Et ils sont plus réactifs que les grands groupes !

Depuis quand suivez vous ce genre de manifestation ?


Depuis le protocole de Montréal, en 1987, qui prévoyait l’élimination des gaz HCFC. Les produits fluorés représentent la moitié de notre offre. J’ai ensuite suivi Rio, en 1992. J’étais également à New Delhi. Quand ces réunions ont lieu en Asie, j’en profite pour aller voir nos filiales, à Kuala Lumpur et à Shanghai.

Quel est l’intérêt pour vous de suivre ces débats ?

Cela nous permet de voir pour quels composés nous allons devoir proposer des substituts. Ou encore d’être là pour défendre certaines utilisations pour des produits pour lesquels il n’existe pas d’alternatives. Comme les SF6 (hexafluorure de soufre), qui sont les seuls isolants efficaces dans les transformateurs de haute tension.

Les mécanismes de développement propres, qui permettent d’obtenir des crédits carbones en échange de dépollution dans les pays non soumis à Kyoto vous intéressent également. Pourquoi ?

Je suis de près les débats sur ce sujet également. Nous avons essayé déjà, de bénéficier de ces mécanismes. Nous avons en effet développé des services pour récupérer le SF6 émis lors du démantèlement des transformateurs et éviter qu’il ne s’échappe. Ce gaz a un gros potentiel d’effet de serre. Nous voulions les mettre en place en Chine, par exemple, mais ça a été trop compliqué. Les mécanismes, tels qu’ils sont actuellement, ne permettent pas aux PME d’en profiter. Nous voulons donc être présents pour défendre la possibilité d’accepter et de financer de tels petits projets.

Est ce que c’est également l’occasion de développer vos réseaux ?

Oui, bien sûr. Cela nous donne de la visibilité et me permet de faire des rencontres intéressantes. Par exemple, à Bali, j’ai trouvé un chercheur que je n’attendais plus pour nous faire des tests sur un nouveau produit !

Qu’est ce que vous attendez de Copenhague ?

J’attends de la visibilité ! Il y a déjà beaucoup de facteurs d’incertitude dans le monde actuel pour les entrepreneurs, ça n’est pas la peine d’en rajouter ! Nous demandons des règles du jeu claires !

Pensez vous que vous obtiendrez cette visibilité ?


En ce début de deuxième semaine, le climat est étrange. D’habitude, dans ce genre de négociations, on sait très précisément quels points posent problème. Là, ce mardi matin, Yvo de Boer, le secrétaire de l’UNFCCC faisait un point et on a senti que lui non plus, ne savait pas très bien où allaient les négociations. Et il est difficile pour nous de nous en faire une idée plus claire : toutes les réunions du moment au Bella Center se font à huis clos !

Etes-vous pessimiste ?

Pas nécessairement. Tout peut se régler très vite, et un accord être trouvé, quand les chefs d’Etat seront là. Je pense par contre que les travaux plus précis sur les transferts de technologies, les financements propres… se feront sur l’année prochaine et il nous faudra aussi y être ! Ces discussions sur le climat, à 192 pays, sont quand même les négociations internationales les plus passionnantes et complexes qui aient jamais eu lieu !

Propos recueillis par Agathe Remoué, à Copenhague

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