Les pistes du Centre d’analyse stratégique pour la conférence environnementale

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centrale électrique
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Défi climatique, hausse des prix des hydrocarbures, modèle allemand de la transition… Le Centre d’analyse stratégique donne des pistes de réflexions pour entamer un débat sur la transition énergétique en France.  

A quelques jours de la conférence environnementale qui se tiendra les 14 et 15 septembre, le Centre d’analyse stratégique (CAS) est bien décidé à apporter sa contribution à la transition énergétique. Le CAS, rattaché aux services du Premier ministre, s’est fendu de trois notes "visant à éclairer le débat", explique Vincent Chriqui, son directeur général.

La première est titrée "De Durban à Doha : l’Europe doit  confirmer son retour dans les négociations". Pour mémoire, la 18e conférence sur les changements climatiques se tiendra dans la capitale Qatari du 27 novembre au 7 décembre 2012. Le CAS, à très juste titre, rappelle que la transition énergétique française s’inscrit dans une transition à l’échelle mondiale… qui peine à trouver un consensus.

"Les engagements des Etats sont aujourd’hui insuffisants pour empêcher une augmentation de la température moyenne mondiale de plus de 2°C. Nous allons vers 4°C", déplore Vincent Chriqui. Le directeur général du CAS se réjouit que l’Union européenne se soit engagée dans une deuxième phase du protocole de Kyoto qui doit être signée en 2015 et appliqué en 2020.

La deuxième note d’analyse est ancrée dans le quotidien des consommateurs : "Vers des prix du pétrole durablement élevés et de plus en plus volatiles." C’est sans doute l’élément qu’appréhende le mieux le citoyen pour envisager la transition énergétique. Sans ambage, les analystes du CAS appellent à "l’absolue nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles".

Depuis 2002, le cours du pétrole suit une tendance haussière. Les prix ont été multipliés par quatre en dix ans. Cette année-là, le baril de Brent se payait 25 dollars. Aujourd’hui, il est au-delà de 110 dollars. Selon le CAS, une chute de production d’un million de barils par jour dans le monde (à cause d’un conflit, d’un accident dans une raffinerie, etc.) entrainerait une hausse immédiate de 40 dollars du prix du baril et une chute de 0,7 % du PIB des économies développées.

Le cas de l'Allemagne

En 2011, la France a importé pour 49 milliards d’euros de pétrole et 13 milliards d’euros de gaz. Vincent Chriqui appelle donc à une transition accélérée vers une économie décarbonnée en pointant du doigt en particulier le milieu des transports dépendant à 94 % du pétrole.

Enfin, le CAS décrit l’exemple allemand dans sa troisième note : "La transition énergétique allemande est-elle soutenable ?" Le voisin d’outre Rhin s’est fixé un planning ambitieux qui regroupe un double objectif : sortir du nucléaire d’ici 2022 et réduire les émissions de CO2 de 80 à 95 % d’ici 2050.

Aujourd’hui, les premières difficultés apparaissent de manière concrète. Le remplacement des 17 tranches nucléaires  est estimé entre 200 et 400 milliards d’euros. Quant au photovoltaïque qui représente 4 % de la production électrique du pays, il a entrainé un surcoût de 8 milliards d’euros sur la facture des particuliers. Un effort qui ne permet même pas de protéger l’industrie allemande puisqu’un géant comme Q-Cell et ses 2 000 emplois a été balayé par les fabricants de panneaux chinois.

Troisièmement, avec un objectif de 80 % d’énergies renouvelables en 2050, l’Allemagne doit développer des solutions de stockage d’énergie qui "constitue un défi technologique majeur non résolu à ce jour", juge Vincent Chriqui. Enfin, l’Allemagne doit dépenser des dizaines de milliards d’euros pour réorganiser son réseau électrique.

Face à ces difficultés, l’Allemagne a pris le pari de sauts technologiques à venir qui lui permettront de surmonter les obstacles. Selon le CAS, le pays, portée par une économie saine et une industrie forte, est la mieux placée pour réussir. A terme, cette transition lui donnera un avantage compétitif sur tous ses voisins.

En attendant, l’Allemagne bénéficie de la présence de ses voisins français, suisse, hollandais, polonais, hongrois. Par la force des choses et le jeu des interconnexions, tous participent, en se mettant parfois sous tension, à réguler le système électrique allemand.

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