Les petites voitures, nouvelles stars du marché automobile en France

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La prime à la casse a dopé les ventes automobiles en France, mais surtout les ventes de petits modèles. Quelques éléments d'explications sur un marché de l'automobile en pleine transformation.

Ce n'était pas un poisson d'avril. Les ventes automobiles ont progressé de 8,1% en France en mars par rapport à mars 2008, portées par la reprise des marques des constructeurs français. 65% des ventes appartenaient à la catégorie de carrosserie « berline ». Mais le rebond est justifié surtout par l'engouement pour les petits modèles. « 30 à 40% des immatriculations sont liées à la prime à la casse », selon le président du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

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Cette mesure incite à l'achat d'un véhicule neuf émettant moins de 160g/km de CO2 en proposant 1 000 euros en échange de la mise au rebut d'une voiture ou d'un utilitaire léger de plus de dix ans. En type de carrosseries, les cabriolets, monospaces et coupés présentent généralement des émissions supérieures à 160g/km. Tout comme les modèles de la gamme moyenne supérieure (Laguna, 407...), supérieure luxe et les 4X4, en termes de segment.

« Petits modèles subventionnés »
Selon les données du CCFA, au premier trimestre 2009, 57% des véhicules vendus appartenaient à la gamme économique et inférieure, contre 50,4% au premier trimestre 2008 et 45% pour l'année 2007. Dans les dix premières ventes du premier trimestre, la moitié des modèles appartient à la gamme inférieure ou économique. Xavier Fels estime que « les constructeurs ne vendent pas de Hummers ou de pick-up et ont su anticiper et développer une gamme de voitures économiques et peu consommatrices d'essence ».

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« Les petits modèles sont subventionnés. La prime est une mesure qui logiquement leur profite davantage qu'aux gammes supérieures. Ils ont des prix inférieurs. Une prime de 1 000 euros représente une plus grande réduction que sur les modèles supérieurs qui ont des prix d'achat plus élevés », explique Guillaume Mouren.

En effet, la tendance est inverse pour la gamme moyenne supérieure. En temps de crise économique et écologique, la baisse du pouvoir d'achat incite les consommateurs à se détourner des voitures coûteuses. Les ventes dans cette catégorie ont chuté à 10% sur le début de l'année 2009, contre 11% au premier trimestre 2008 et 13% sur l'année 2007. Sur les trois derniers mois, le groupe BMW accuse ainsi un recul de 30,5% tandis que le groupe Mercedes recule de 14,6%.

La gamme intermédiaire (moyenne inférieure) est aussi affectée par l'essor des véhicules économiques. Ses ventes chutent à 28% contre 33% au premier trimestre 2008 et 34% sur l'année 2007. « La descente en gamme des véhicules sur le marché français est une tendance que nous observons depuis 2008 et l'instauration du bonus malus, qui profite là encore aux voitures économiques », précise Guillaume Mouren, analyste chez Xerfi.

Selon lui, la tendance est identique en Allemagne, où « Renault et Peugeot ont doublé leurs ventes depuis la mise en place de la prime à la casse de 2500 euros ». Jeudi 2 avril, la fédération automobile VDA a annoncé que le marché automobile allemand a bondi de 40% par rapport à mars 2008. Effet prime à la casse, qui va être étendue jusqu'à la fin de l'année sur décision du gouvernement.

Fin des grosses berlines ?
Le palmarès du premier trimestre 2009 atteste de la nouvelle place des petits modèles, mettant en tête la Peugeot 207 et la Renault Clio et Fiat et Volkswagen en huit et neuvième position. « Les constructeurs français ont fait des offres encore plus avantageuses pour les véhicules de plus de huit ans. Mais c'est le concept même de prime à la casse qui a fonctionné. Il n'y a qu'à voir les progressions des ventes de Fiat ou Volkswagen qui n'ont pas proposé d'avantages mais qui fournissent des véhicules de la gamme inférieure ou économique », assure Guillaume Mouren.

Reste que les marges d'une Twingo et d'un Espace ne sont pas les mêmes. « Les constructeurs ont tendance à fabriquer les petits modèles en Slovénie ou en République Tchèque pour augmenter leurs marges, même si des équipementiers français travaillent encore pour eux. Pour relancer la production en France, il faudrait se remettre à revendre des grosses berlines, qui sont elles construites en France », suggère Guillaume Mouren.

Réelle amélioration ou simple embellie ?
Selon Xavier Fels, la prudence est de rigueur. « Les perspectives restent sombres pour les mois qui viennent, assure-t-il. On ne peut pas dire avec certitude que cette hausse de mars va se prolonger ». Une tendance confirmée par Guillaume Mouren, qui anticipe la fin de la prime à la casse. « Nous sommes dans un marché sous perfusion pour l'instant. A la fin de la Jupette en 1997, le marché avait chuté de 20%. A la fin de l'année, il y aura besoin d'un rebond économique pour éviter cela. Mais je pense que le gouvernement prolongera la prime le temps que l'économie se redresse »

Barbara Leblanc

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