Les pépites de la mécanique
Par PAR MIREL SCHERER - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3233
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La mécanique hexagonale recèle des joyaux technologiques. Ces PME très spécialisées peuvent compter sur une main-d'oeuvre hautement qualifiée.
Un coeur artificiel, un TGV, un A 380... Le médical, le ferroviaire et l'aéronautique sont autant de domaines dans lesquels l'industrie mécanique française se classe parmi les meilleures. « Deuxième en Europe derrière l'Allemagne, sixième dans le monde, l'industrie mécanique française garde son rang malgré la crise », constate Jérôme Frantz, président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Deux étoiles du CAC 40, Essilor et Air liquide, figurent parmi les entreprises « mécaniciennes » les plus en vue, mais, derrière ces mastodontes, le secteur regroupe un nombre important de PME, des sociétés qui comptent souvent moins de 50 salariés. Nombre d'entre elles sont de véritables pépites technologiques. Revue des effectifs par spécialité.
Les machinistes de précision
Des PME très spécialisées.
Une main-d'oeuvre hautement qualifiée
OPPORTUNITÉS
Les nanotechnologies, les composants TIC et les biotechnologies
Les équipements environnementaux
Les robots de service
FAIBLESSES
Des exportations limitées hors d'Europe.
Une collaboration insuffisante avec les laboratoires publics
MENACES
Une réglementation mouvante.
La concurrence de pays émergents.
Le rachat des entreprises françaises les plus performantes par des concurrents
La machine-outil, c'est une spécialité allemande mais quelques Français réussissent à faire leur trou sur des marchés de niche. À Clermont-en-Argonne (Meuse), Realmeca produit ainsi des petits centres d'usinage et de tournage de haute précision. Des machines très prisées pour les travaux de micro-usinage dans l'automobile, l'aéronautique et l'horlogerie de luxe. Pour renforcer sa présence à l'international, cette PME de 120 salariés a noué depuis plusieurs années un partenariat avec le constructeur allemand Spinner. « Notre offre est complétée avec les centres d'usinage et de tournage de ce dernier, plus grands que les nôtres », précise Jean-Baptiste Médot, directeur commercial de la société.
Nodier Emag exploite lui aussi ce filon. Tours verticaux, centres d'usinage, rectifieuses, usinage électrochimique... Les machines fabriquées en Allemagne par Emag sont adaptées aux besoins de clients français dans l'usine de La Guerche- sur-l'Aubois (Cher) de Nodier Emag.
C'est en milliards d'euros, le chiffre de la mécanique française en 2010, en hausse de 4 % par rapport à 2009.
Inventeur de l'usinage à grande vitesse, Forest-Liné est, lui, une référence dans l'usinage des pièces aéronautiques. Ses ateliers flexibles, composés de plusieurs centres d'usinage palettisés très productifs Aerostar et Aeromill, équipent des usines prestigieuses comme celles d'Airbus et de Dassault Aviation.
Dufieux Industrie est également un spécialiste de la fabrication des machines-outils de grande taille pour l'aéronautique, le ferroviaire, l'énergie, la sidérurgie... La PME d'Échirolles (Isère) a mis au point un procédé innovant, en collaboration avec Airbus. L'usinage chimique des panneaux de fuselage a été remplacé par un procédé mécanique. Plusieurs centres d'usinage conçus sur mesure et regroupés dans un atelier flexible assurent ainsi l'usinage des panneaux courbés à l'usine Airbus de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Sans aucune pollution.
Quant à Clextral, elle s'est spécialisée dans la fabrication d'équipements pour l'industrie agroalimentaire. Cette PME, située à Firminy, près de Saint-Étienne (Loire), exploite un procédé original de fabrication destiné, à l'origine, à la production de pièces plastiques par extrusion d'une pâte. Son système bi-vis permet de réduire la consommation d'énergie tout en améliorant la qualité.
Les orfèvres des outils
Des PME françaises s'illustrent dans les domaines des outils et des composants les plus ardus, technologiquement parlant, de la fabrication mécanique. Comme Magafor, dont le royaume est le micro ! Cette PME de 200 salariés, dont le siège se trouve à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), fabrique des micro-outils de coupe. « Ils sont utilisés dans le médical, l'horlogerie et l'électronique », explique Daniel Matthey, le PDG. La société a réalisé, l'an dernier, un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros. Les deux tiers de sa production sont exportés vers une cinquantaine de pays. Dont l'Allemagne, son second marché après la France. « Nous réalisons 10 % de notre chiffre d'affaires en Asie, mais nous voudrions renforcer cette présence », indique Daniel Matthey. Une succursale de ventes verra bientôt le jour en Chine.
Champion de l'exportation, le fabricant de systèmes de transmissions mécaniques Redex, exporte 90 % de sa production. Située à Ferrières-en-Gâtinais (Loiret), la PME française a réussi à pénétrer dans la chasse gardée de la machine-outil allemande. « Notre réducteur DRP+, très précis, équipe les six axes du centre d'usinage de grandes dimensions DMU 600P », explique Bruno Grandjean, le PDG de Redex. Une machine que DMG, un des leaders mondiaux de la machine-outil, vient de dévoiler en Allemagne et qui sera destinée au marché de l'énergie.
Les manutentionnaires de haute voltige
De nombreuses PME françaises sont spécialisées dans la fabrication d'équipements pour les opérations de manutention qui sortent de sentiers battus. C'est le cas de Reel, un groupe de plus de 1 300 personnes, qui fabrique des systèmes de manutention et de levage pour des domaines extrêmement exigeants comme le nucléaire, la défense ou l'aéronautique. Exemple : le rack de stockage sous eau pour l'usine Areva de La Hague. Ou la manutention des missiles stratégiques. Ou encore la baie de maintenance pour le Boeing 747 chez British Airways et des équipements pour l'usine Airbus qui fabrique l'A 380, à Toulouse.
Plus petite, Fixator ne compte que 32 salariés et fabrique à Saint-Barthélemy-d'Anjou (Maine-et-Loire) des nacelles pour le travail sur des façades de grande hauteur. Quatre ingénieurs se consacrent au développement de nouveaux produits. Résultat : deux brevets déposés pour améliorer ces plates-formes suspendues. « Nous exportons dans une cinquantaine de pays, dont l'Allemagne », précise Bruno Patron, le PDG de Fixator qui a réalisé un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros l'an dernier.
Le prototypage et la fabrication rapide ont leurs champions français. Les machines de frittage laser de Phenix Systems, une entreprise de Riom (Puy-de-Dôme), sont devenues de véritables machines-outils. Comme la PXM, dévoilée en ce début d'année 2011. « Leur productivité et la capacité de fabriquer des formes difficiles ou impossibles à réaliser par les moyens classiques intéressent les utilisateurs », affirme François Reymondet, le PDG de l'entreprise.
Dans le même domaine, Mécanuméric industrialise à Albi (Tarn) le procédé de prototypage rapide Stratoconception, développé par le centre de transfert technologique Cirtes de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges). Un procédé adapté à la fabrication rapide des prototypes de grande taille.
Henri Marchetta est un visionnaire. « J'ai toujours considéré que le couple franco-allemand joue un rôle moteur dans l'économie européenne », explique le PDG de Mecalac, basée à Annecy (Haute-Savoie). En 2002, cette entreprise française spécialisée dans la conception et la fabrication de machines pour les travaux publics, rachète le constructeur allemand Ahlmann. « Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde », s'enthousiasme le responsable de ce groupe de 460 salariés. Mecalac Ahlmann fabrique 1 500 machines par an et compte afficher cette année un chiffre d'affaires de 110 millions d'euros. Presque autant qu'avant la crise. « Complémentarité de gammes, image renforcée à l'international, réseau commercial étoffé, meilleure visibilité... Les avantages de cette union sont nombreux », constate Henri Marchetta. Considérées comme des centres de profit, les sociétés ont conservé une grande autonomie. « La difficulté, c'est de trouver des synergies », assure le PDG. Design, motorisations, achats... La recherche de complémentarités est sans fin.
En marge de la Foire de Hanovre 2011, L’Usine Nouvelle et le magazine allemand Wirtschafts Woche se sont associés pour un numéro spécial France-Allemagne.L'économie allemande est-elle réellement en avance sur sa voisine française ? Pour alimenter la réflexion sur le sujet retrouvez l'intégralité du numéro spécial France-Allemagne en ligne ici

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