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Les partis politiques doivent réviser leur copie biotech

Le 23 janvier 2012 par Gaëlle Fleitour
Biotech - Tricot
© D. R.

France Biotech, l'association des biotechnologies, a décidé de peser dans la campagne présidentielle. Elle a réuni ce 23 janvier les représentants des principaux partis politiques pour leur soumettre son "Manifeste pour une politique de l'innovation industrielle dans les sciences de la vie". Résultat : des débats animés, avec des politiciens plus ou moins à l'aise sur le sujet...

La première priorité de France Biotech est de favoriser les passerelles public/privé et de structurer la filière de la recherche. En valorisant notamment les brevets déposés. Un outil qui ne convainc pas Marc Lipinski, conseiller régional IDF Europe Ecologie Les Verts.

"Le brevet n'est pas considéré dans tous les secteurs comme l'arme absolue de défense de la compétitivité, par exemple en économie numérique." Accusant le brevet de ralentir la diffusion de l'innovation et d'instaurer des monopoles, Marc Lipinski prône l'"innocentive" ou innovation ouverte, un modèle qui "marche bien, notamment dans les biomarqueurs".

Avis contraire de Loïc Maurel, président de la biotech Exonhit, qui met justement au point des tests de diagnostic. "C'est grâce aux brevets qu'on évalue l'innovation en France ! Dans le numérique, il n'y a pas de temps à perdre, mais en santé, on met dix ans à développer des produits."

Un statut de "Jeune entreprise innovante" à consolider

La deuxième proposition de l'association : créer un véritable statut de la Jeune Entreprise Innovante (JEI), est plus consensuelle. En partie raboté par la loi de finance 2011, ce statut devrait être accordé avec un taux d'investissement en R&D porté à 25%, sur une durée étendue à 12 ans pour les biotechs, réclame France Biotech.

Responsable de la production et de l'industrie pour le candidat du PS, Alain Rousset, président de la Région Aquitaine est favorable à une réforme du statut. Il reconnait néanmoins ne pas avoir de "réponse précise"...

Seule certitude, il veut que les régions puissent "entrer, via un véhicule financier, dans le capital de ces entreprises." "Est-ce qu'on va laisser longtemps les fonds de pension cannibaliser notre créativité ?", s'alarme-t-il, en prenant l'exemple de Street View, application développée par un polytechnicien et mangée par Google.

Un "crédit impôt recherche" à réviser

Car, et c'est le troisième axe de France Biotech, il faut consolider la chaîne de financement et orienter les fonds en faveur de l'innovation. Notamment en orientant 3% des montants des assurances vie vers des fonds innovations pour les JEI. Mais aussi en réformant le Crédit Impôt Recherche (CIR), pour qu'il profite plus aux PME, et non aux grands groupes.

Là encore, consensus. Exception faite de l'écologiste Marc Lipinski… pour lequel "le CIR est synonyme d'explosion en terme de coût fiscal" et doit être "plafonné". Sa justification ? "Les entreprises allemandes font pourtant de la recherche et passent de taille émergente à intermédiaire sans ce dispositif !", souligne-t-il.

Vive réaction de Loïc Maurel, qui rappelle qu'un dispositif similaire a pourtant fait ses preuves… en Amérique du Nord. Tandis qu'Aziz Senni, porte-parole du candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin, rappelle un autre levier de financement à exploiter : les business angels.

France Biotech appelle également à structurer la filière industrielle et favoriser les collaborations entre les grands groupes et les PME innovantes. Ce que le PS voudrait concrétiser par des "contrats" de sous-traitance signés par les grands groupes.

Un principe de précaution… à affiner

OGM, cellules souches, principe de précaution : les sujets de discorde ne manquent pourtant pas. "Dans les cellules souches, nous avons pris un retard phénoménal", estime Joëlle Mélin, conseiller politique à la protection sociale du FN. Avant d'exprimer son "refus de principe à travailler sur les cellules embryonnaires."

Colère alors d'André Choulika, le président de France Biotech : "La France n'est pas en retard dans la recherche sur les cellules souches ! Mais si on continue d'appliquer le principe de précaution, nous allons perdre en compétitivité…"

Encore faut-il être sûr de parler du même principe de précaution. "Il est nécessaire, on le voit avec l'actualité et les prothèses PIP", avance Aziz Senni. "Un principe de précaution n'empêchera jamais la malversation dans une entreprise", s'étrangle André Choulika, expliquant qu'il s'applique à la recherche. Avant de convertir les hommes politiques au langage biotech, il reste encore du travail…

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