Les participants du B20 appellent à plus de coopération
Publié leCANNES, Alpes-Maritimes (Reuters) - Les représentants des plus grandes entreprises mondiales ont appelé mercredi les chefs d'Etat et de gouvernement à accentuer leur coopération pour sortir de la crise économique et financière, à la veille du sommet du G20 de Cannes.
Les entreprises ont de l'argent pour investir mais la situation d'incertitude actuelle les freine, a expliqué le président de la Chambre de commerce internationale, Gérard Worms, lors du B20 ("Business 20") qui s'est ouvert mercredi.
Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, a quant à lui expliqué que le réflexe de repli lié à la crise le rendait "prudemment pessimiste" sur une issue prochaine des négociations commerciales du cycle de Doha.
"Cela ne va pas être résolu demain", a-t-il dit. "La raison est qu'en temps de crise, les gens se focalisent sur leurs propres problèmes", a-t-il ajouté, en évoquant la méfiance d'une partie de l'opinion publique américaine envers la Chine.
Les participants du B20 ont remis mercredi matin 46 propositions visant à dynamiser la croissance mondiale au président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside le groupe des vingt plus grandes économies.
"Nous disons très simplement mais avec force aux chefs d'Etat 'retrouvez l'esprit de coopération que vous aviez eu après la chute de Lehman Brothers", a déclaré Laurence Parisot, la présidente du Medef, en charge de l'organisation du B20, après la réunion à l'Elysée.
Les patrons ont ensuite la route de Cannes pour des discussions dominées par l'actualité brûlante.
LA CRISE DE LA DETTE, MAIS PAS QUE...
Au nom du B20, Laurence Parisot a lu à Cannes un communiqué de soutien à l'accord européen de la semaine dernière, fragilisé par la perspective d'un référendum en Grèce.
"Le B20, lors de son sommet de Cannes, exprime son soutien au plan annoncé par les gouvernements de la zone euro jeudi dernier et les encourage à le mettre en oeuvre rapidement", a-t-elle déclaré.
"L'urgence aujourd'hui, c'est bien évidemment la question des dettes souveraine, la question de la Grèce", a dit le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, à des journalistes depuis la Côte d'Azur.
Mais, a-t-il ajouté, "ce serait une grave erreur de négliger toutes les autres questions indispensables pour bâtir un système économique, financier et de commerce international qui tienne la route".
"Tout est urgent, tout doit être traité frontalement avec détermination", a estimé pour sa part le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy.
Gérard Worms, de la Chambre de commerce internationale, a estimé qu'il appartenait aux responsables politiques de réduire l'instabilité actuelle.
"Les entreprises ont de l'argent pour investir. Si elles n'investissent pas autant qu'elles le pourraient, c'est parce qu'elles sont dans ce contexte instable", a-t-il souligné.
Les membres du B20 ont salué les avancées du G20 dans le domaine la stabilité financière, à travers une meilleure régulation. Mais ils se sont opposés, par la voix du directeur général de Standard Chartered Bank, au projet de taxe sur les transactions financière défendu par la France et l'Allemagne.
"Cela n'aiderait pas à créer de la croissance et des emplois dans le monde", a ainsi déclaré Peter Sands, qui a co-dirigé le groupe de travail du B20 sur la régulation financière.
Jean-Baptiste Vey et Marie Maitre, avec Yann Le Guernigou à Paris, édité par Patrick Vignal
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