Ils ont les mains dans le cambouis. Sans eux, pas de véhicules !
GAËLLE MONTEILLER - Directrice de l'usine PSA de Poissy
Femme de tête
Gaëlle Monteiller est aujourd'hui la seule femme à la tête d'une usine automobile en France. Et non l'une des moindres, puisqu'en 2011, PSA la recrute pour diriger son site de Poissy. L'usine des Yvelines est, avec Sochaux, l'un des fleurons industriels du constructeur : elle produit la DS 3, possède un atelier de peinture dernier cri et fabrique la 208 depuis janvier. Cette polytechnicienne, passée par Lafarge, a réussi cette première étape avec 150 millions d'euros d'investissement pour accueillir la nouvelle compacte de Peugeot. Gaëlle Monteiller doit désormais passer la vitesse supérieure : PSA vise les 400 000 véhicules produits chaque année sur le site. Pour y arriver, la jeune quadragénaire ne veut pas être un bulldozer : « Je veux jouer du sourire plutôt que des coudes », avait-elle lancé à sa prise de fonctions. Ouverte en 1938, l'usine de Poissy jouit d'une réputation d'adaptation à la nouveauté et le style de la directrice passe bien. La tradition syndicale est aussi très forte sur le site, ce qui pourrait compliquer la tâche de Gaëlle Monteiller. C'est elle qui devra gérer en 2014 le transfert de la production de la C 3 d'Aulnay à Poissy et le reclassement de 1 500 salariés de Seine-Saint-Denis.
Sa voiture : Une Citroën DS3 Cabrio
GUY MAUGIS - Président du groupe Robert Bosch France
Un équipementier influent
Il regrette la simplicité des 2 CV qu'il démontait dans sa jeunesse, mais cela ne l'empêche pas de présider l'un des champions de l'électronique embarquée ! Guy Maugis pilote une activité de 8 200 personnes, principalement axée en France autour des systèmes d'injection, et qui réalise un chiffre d'affaires de 4,3 milliards d'euros. Influent, il est le président de la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie, membre du comité d'orientation stratégique du FSI et a participé à la création du fonds FMEA rang 2.
Sa voiture : Une Citroën C6
BERNARD STREIT - PDG de Delfingen Industry
Un entrepreneur câblé
« Il y a du Delfingen dans toutes les voitures du monde ! », s'enorgueillit Bernard Streit. Patron autodidacte, ce Franc-Comtois a fait de Delfingen, petite PME créée en 1954 par son père, le leader des gaines de protection des câblages auto. Incontournable, cette entreprise de 1 300 salariés fournit quasiment l'intégralité des constructeurs mondiaux ! Bernard Streit a su mettre le cap à l'international il y a vingt ans. Désormais implanté dans 17 pays, Delfingen réalise plus de la moitié de ses 120 millions d'euros de chiffre d'affaires hors d'Europe.
Sa voiture : Une Peugeot 607
ANTOINE JOUIN - Président de Continental Automotive France
Élément motivant
Il y a quelques semaines, le site Continental de Foix (Ariège) recevait le titre d'usine de l'année 2012 de « L'Usine Nouvelle ». Cette récompense, le site la doit à un système de production performant, élaboré par la direction du groupe. Antoine Jouin a joué son rôle en instaurant une certaine culture du changement au sein de la filiale française. Cet informaticien de formation avait d'abord rejoint Siemens VDO en 1999 en tant que directeur informatique, avant de s'orienter rapidement vers les ressources humaines. L'entreprise est rachetée en 2007 par Continental et Antoine Jouin se voit rapidement propulsé à la tête de Continental Automotive France (plus de 3 500 salariés), la filiale du géant allemand. Dès lors, il doit faire face à de nombreux conflits sociaux, qu'il parvient à contenir. Parmi ses actions les plus récentes, on peut citer la création d'un « bac pro Continental » dans le domaine de la maintenance, le lancement du plan « un diplôme pour tous » pour encourager les techniciens à valoriser leur savoir-faire et, pour les nouveaux embauchés qui souhaitent acquérir une expérience internationale, un plan de carrière sur trois ans dans trois pays.
Sa voiture : Un Renault Espace
JOACHIM BETKER - PDG de Smart France
L'homme d'Hambach
Un pur produit Daimler. Titulaire d'un doctorat en ingénierie obtenu en Allemagne, Joachim Betker travaillait déjà dans l'usine Smart d'Hambach, en Moselle, à la fin des années 1990. Il y était responsable de la préparation de la production. Il part ensuite travailler chez Mercedes en Allemagne, où il devient responsable de l'atelier peinture de la SL Roadster, puis de l'atelier carrosserie de la Classe C Coupé à Brême. Ce n'est qu'à la fin 2011 qu'il revient en Moselle pour devenir PDG de Smart France. Un vaste projet l'y attend : modifier entièrement la ligne de production afin d'intégrer la fabrication du nouveau véhicule électrique, la Smart ED (pour electric drive), dont les prototypes avaient été fabriqués en Angleterre. En parallèle, Joachim Betker a orchestré le déploiement de la méthode Lean manufacturing, ce qui a valu au site d'être lauréat au concours de l'usine de l'année 2012 de « L'Usine Nouvelle ».
Sa voiture : Une Smart ForTwo
JEAN-MICHEL BILLIG - Directeur des ingénieries et de la qualité du groupe Renault
Ça plane pour lui
C'est dans le secteur aéronautique que le groupe Renault a déniché, en juillet, son nouveau pilote pour l'innovation. Ces vingt-quatre dernières années, Jean-Michel Billig a ainsi participé à des postes clés au lancement d'appareils qui marqueront à coup sûr ce secteur : l'A 380, comme directeur des achats des systèmes chez Airbus ; l'avion militaire A 400M, comme directeur du programme en France ; et dernièrement l'hélicoptère ultrarapide X 3, comme directeur de l'innovation chez Eurocopter. Selon lui, les points communs entre ces deux industries ne manquent pas : la haute technologie, l'optimisation industrielle, la mondialisation des marchés, la chasse au surpoids des modèles... Également nommé au comité exécutif, il aura sous sa responsabilité 22 000 collaborateurs, dix fois plus qu'il n'en avait dans ses précédentes fonctions chez Eurocopter. En conservant une certitude : « L'entreprise qui s'arrête d'innover est morte. Je veux instaurer un état d'esprit d'innovation et d'audace ! ».
Sa voiture : Une Renault Latitude
DENIS MARTIN - Directeur industriel de PSA
Cost-killer
La restructuration lui colle à la peau. Que ce soit chez Magnetti Marelli ou à la SNCF, Denis Martin traîne une réputation de « cost-killer », âpre à la tâche. Le bras droit de Philippe Varin est en première ligne dans la mise en application du plan de 8 000 suppressions de postes annoncées mi-juillet par PSA. Il est en réalité au charbon depuis plusieurs mois, dans des négociations avec les élus locaux, avec Arnaud Montebourg ou avec les représentants des deux sites les plus touchés par le plan, Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et Rennes-La-Janais (Ille-et-Vilaine). Un retour aux sources en somme : il dirigea six mois ce site en 2008, à son arrivée chez PSA, avant de passer DRH. Réputé dur parmi les syndicalistes, c'est l'atout choc qui tranche avec l'ère du consensus instauré par le précédent DRH, Jean-Louis Vergne.
Ses voitures : Une Citroën C6 et une Peugeot 508 Hybrid4
THIERRY BOLLORÉ - Directeur des fabrications et de la supply chain chez Renault
Nouvelle garde
Le CV de Thierry Bolloré pourrait se résumer en trois grandes tendances : grandes sociétés, international et atelier. D'où son arrivée à 49 ans chez Renault, pour prendre la relève de Gérard Leclercq. Cet ancien de Dauphine fait partie de la nouvelle garde de Carlos Tavares pour relancer la marque Renault, un peu endormie ces derniers temps. Après quinze ans chez Michelin, et sept ans chez Faurecia, Thierry Bolloré aborde avec Renault le challenge de la cinquantaine.
Sa voiture : Un Renault Grand Espace
FABIO FERRARI - PDG de SymbioFCell
Il marche à piles
Ingénieur télécoms formé au Cnam, Fabio Ferrari s'est lancé par passion il y a quatre ans dans l'automobile. Symbiofcell, la société qu'il dirige, va industrialiser la technologie de pile à combustible développée par le CEA, avec des kits d'extension d'autonomie installés sur des flottes de véhicules électriques utilitaires. La ligne commencera la production en série dans quelques mois. C'est la première unité de ce type en Europe.
Sa voiture : Une Lexus hybride
CHRISTIAN GIRARDEAU - Senior vice-président véhicule électrique de Schneider Electric
Décollage immédiat
Fini le mode start-up, place à la phase industrielle. Et à l'expansion. Recruté en avril 2012 par Schneider Electric pour prendre la tête des activités liées à la recharge des véhicules électriques, Christian Girardeau est un spécialiste du décollage. Depuis 2000, il relance l'activité de sociétés au bord de la faillite. Manager par intérim auprès de fonds d'investissement, il est ainsi passé à la tête de Qosmetrics, un spécialiste du diagnostic de réseaux IP ; d'Alchimer, un fabricant de films nanométriques semi-conducteurs ; et de Citilog, une entreprise spécialisée dans la sécurité et la régulation du trafic urbain. Il a aussi créé quelques PME, dont Stoi, un opérateur internet de Mayotte. Il tire sa spécialisation dans les télécoms et les semiconducteurs de ses débuts chez l'ex-Thomson CSF et de sa formation d'ingénieur Ensta, complétée par un MBA obtenu en 1987, trois ans après sa sortie de l'école parisienne. Après les PME, Christian Girardeau cherchait une activité d'avenir à développer au sein d'un grand groupe. Il l'a trouvée chez Schneider avec la mobilité électrique. Il retravaille l'offre pour coller aux évolutions du marché, identifie 15 pays cibles et renforce les équipes commerciales... pour faire décoller les bornes de recharge du groupe français.
Sa voiture : Une Smart
DIDIER MARGINEDES - Directeur général de Batscap (groupe Bolloré)
La batterie en liberté
Vincent Bolloré l'a voulu. Didier Marginedes l'a réalisé. Les 2 000 Bluecar du groupe breton qui sillonnent Paris sous les couleurs d'Autolib' reposent sur son « bébé » : la batterie lithium-métal-polymère (LMP). Quand l'ingénieur de Supélec prend la direction de la R et D de Bolloré en 1995, le stockage d'énergie n'est qu'une piste de recherche. Six ans plus tard, il lance l'industrialisation de la batterie LMP à la tête d'une nouvelle filiale, Batscap. Avec un cap fixé par le grand patron : l'automobile. Un défi technique, même si Didier Marginedes a déjà abordé la mobilité avec la pile à combustible lors de ses années chez Air liquide. Il le relève et réalise le projet Autolib' en 2011. Aujourd'hui, il compte dupliquer Autolib' dans d'autres capitales, doubler la production de batteries et celle de Gruau, qui construit des petits bus électriques, une autre filiale du groupe Bolloré qu'il dirige.
Sa voiture : Une Audi A6 de fonction
MARIE-CHRISTINE CAUBET - Présidente du directoire de Volkswagen Group France
Girl power
Dès qu'elle le peut, Marie-Christine Caubet encourage les jeunes femmes à se tourner vers l'automobile. « C'est ma mission ! Dans les années 1970, les femmes étaient perçues comme des canards boiteux, mais aujourd'hui c'est plus ouvert », estime cette ancienne de Renault. Elle a gravi les échelons toute seule, après des débuts à la direction financière. Elle se frotte au monde de la concession et apprend les règles du secteur automobile. « J'aime conduire », répond-elle simplement quand on lui demande si elle n'a jamais voulu quitter l'auto. Comme en 2011, Volkswagen a battu cette année des records de vente dans l'Hexagone.
Sa voiture : Un Volkswagen up!
PHILIPPE BOISSEAU - Directeur général de la branche supply-marketing chez Total
La F1 au service du grand public
À l'heure où le prix de l'essence fait peser un lourd fardeau sur l'essieu des automobilistes, Philippe Boisseau tient un rôle essentiel chez Total en tant que directeur du raffinage et de la distribution. « Notre mission est d'apporter des carburants et des lubrifiants de qualité qui prolongent la durée de vie des moteurs et qui diminuent la consommation », affirme ce polytechnicien de 50 ans, également ingénieur du corps des Mines. Pour cela, le groupe s'appuie sur la performance sportive : Total est associé à Renault en Formule 1 et à PSA dans d'autres catégories du sport automobile. Sur la centaine de millions d'euros consacrés à la R et D chaque année dans les carburants et les lubrifiants, la moitié est destinée au sport. Une recherche qui « bénéficie à terme aux véhicules de série ».
Ses voitures : Un Renault Scénic et un BMW X5
JEAN-CHRISTOPHE QUÉMARD - Directeur des programmes chez PSA
Techniquement vôtre
Marier techniquement le lion français à l'ogre américain, c'est la mission de Jean-Christophe Quémard. Le directeur des programmes fait partie de l'équipe en discussion avec General Motors sur les futures plates-formes. Chef de projet de la 308, il est passé dans différentes usines. Cela l'a rendu crédible face aux ingénieurs. Son statut d'ancien Mines Saint-Étienne l'a rapproché de Philippe Varin, qui l'a nommé au directoire.
Sa voiture : Une Peugeot 508 RXH
JACQUES VERDONCK - Directeur de la coordination avec Daimler chez Renault
Deutsche Qualität
Comment se nomme une étoile logée dans un losange ? Un Citan, le premier véhicule du couple Renault-Daimler. Jacques Verdonck est au coeur de la coopération franco-allemande. Ce spécialiste en stratégie fait ses armes pendant dix ans dans les arcanes de l'État, avant de rejoindre la Régie en 1992, où il joue les stratèges en France et en Chine. Renault et Daimler devraient également produire les prochaines Twingo et Smart.
Sa voiture : Un Renault Espace









