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Les opérateurs mobiles accentuent leur lobbying

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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L'Association française des opérateurs mobiles a publié mardi 20 mars une étude sur la téléphonie mobile. Si la démonstration sur le poids du secteur dans l'économie française est irréfutable, certaines conclusions du rapport sont contestables.

Manœuvre de lobbying grossière des opérateurs mobiles ou simple volonté de s'affirmer comme des acteurs économiques de premier plan? Regroupés au sein de l'AFOM (association française des opérateurs mobiles), ces derniers ont présenté mardi dernier une étude (1) soulignant leurs poids dans l'économie nationale et la situation concurrentielle en France.

Pour donner du crédit à leurs propos, ils ont fait appel à des économistes de premier plan comme Jean-Hervé Lorenzi, président du cercle des économistes (et également administrateur de l'AFOM et conseiller du directoire de la Compagnie financière Edmond de Rothschild) et Michel Didier, directeur général de COE Rexecode. Le premier observatoire économique de la téléphonie mobile en France était présenté par l'Idate, un cabinet qui fait référence dans le secteur des télécommunications.

Que dit l'étude? Elle souligne le nouveau poids économique de l'industrie de la téléphonie mobile. Un constat irréfutable, tant le boom a été considérable en 15 ans. La France compte plus de 51 millions de clients aujourd'hui contre moins de 500 000 abonnés en 1992. Le rapport apporte des données complémentaires, rassemblées et analysées. Les chiffres sont éloquents : 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006, 10 milliards de valeur ajoutée soit plus que l'industrie aéronautique, 30 milliards d'euros investis et 95 000 emplois directs et indirects crées depuis 15 ans...

La seconde partie de l'exposé est plus contestable. Elle défend l'idée que le marché français fait partie des plus compétitifs en Europe et que les consommateurs français sont mieux lotis que la plupart de leurs voisins. Des conclusions qui ne sont pas partagées par tous. Une étude comparative finlandaise (2)  datée de 2006, concluait à l'opposé. Parmi 18 pays européens comparés sur leurs offres d'abonnements, la France faisait partie des trois plus mauvais élèves, seules l'Angleterre et l'Allemagne faisaient pire. Qui croire ? L'Idate qui s'appuie sur le prix moyen de la minute, ou l'étude finlandaise qui analyse le coût d'un panier moyen de communications.

Ce qui est sûr toutefois, c'est la nécessité pour les opérateurs de redorer leurs blasons et de rechercher le soutien des pouvoirs publics en vue de défendre leurs intérêts. D'une part, après leur condamnation par le conseil de la concurrence pour entente illicite qui leur a couté plus de 534 millions d'euros, leur image de marque s'est dégradée auprès des consommateurs.

D'autre part, pour contrer l'ARCEP (autorité de régulation des communications électroniques et des Postes) et la Commission européenne, ils ont besoin de soutiens. Ainsi les baisses de prix imposées par le régulateur français (terminaison d'appels et tarifs de gros des SMS) a représenté un manque à gagner de 2 milliards d'euros de revenus en 2006, selon l'étude. La Commission européenne cherche quant à elle, à imposer une baisse sensible du tarif des appels mobiles à l'international (roaming). Or ces appels, surfacturés, constituent une source de revenus appréciable des opérateurs.

Hassan Meddah

Pour en savoir plus :
(1)  Télécharger l'observatoire économique de la téléphonie mobile
(2)  Télécharger le rapport sur les prix des appels mobiles en 2006 (Comparaison internationale, Ministère des transports et des communications finlandais) format PDF
PDF) 


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